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OMC : appel à un nouvel élan dans les négociations sur l’agriculture

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Après une année compliquée pour les négociations agricoles multilatérales, l’ambassadeur turc Alparslan Acarsoy a invité les membres à reprendre les discussions sur le fond en 2025 tandis que le Groupe africain et le Groupe de Cairns ont fait état des lieux de leur initiative commune.

« L’année 2024 a été une année de discussion sur le processus, mais 2025 sera l’année de la substance », a déclaré le 4 décembre, l’ambassadeur turc Alparslan Acarsoy lors de la session du comité de l’Agriculture de l’OMC, la dernière de l’année. À cette occasion, le président des négociations agricoles de l’OMC a présenté son rapport de progrès sur les pourparlers. Il a appelé les membres à proposer des idées nouvelles pour sortir de l’impasse actuelle. Le processus dirigé par le facilitateur n’a pas réussi à obtenir le consensus nécessaire en novembre parmi les délégations. Selon lui, pour avancer, les membres devraient avoir en tête trois considérations : entamer des discussions avec des membres sur les sujets qui les intéressent, garder à l’esprit la nécessité d’un équilibre global et garantir l’inclusivité en informant régulièrement le comité des progrès accomplis.

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Les États-Unis ont souligné la nécessité de maintenir des négociations équilibrées et inclusives dont tous les membres peuvent bénéficier tout en critiquant la priorité accordée à certaines questions par rapport à d’autres. Selon eux, il s’agit d’une des raisons de l’impasse de longue date dans l’agriculture. Pour l’UE, les négociations basées sur des textes devraient suivre une convergence suffisante sur les questions de fond. De son côté, la Chine souhaite un changement de mentalité et la mise en place de discussions factuelles sur chaque pilier de la négociation afin de parvenir à des règles équitables. Enfin, l’Inde considère qu’il faut accorder une priorité à certains sujets en les traitant de manière autonome (stockage public, mécanismes de sauvegarde spéciaux et le coton) pour rétablir la confiance. D’une manière générale, les membres ont positivement souligné la volonté de la directrice générale Ngozi Okonjo-Iweala de faire des négociations agricoles une priorité pour son deuxième mandat.

Travail conjoint

En parallèle, les membres du Groupe africain et de Cairns (principaux membres exportateurs) ont présenté un état d’avancement de leurs travaux. L’objectif de ces discussions informelles est d’identifier des points communs afin de « progresser autant que possible vers un paquet de modalités couvrant tous les sujets agricoles » en amont de la conférence ministérielle prévue en 2026 à Yaoundé (Cameroun). Ils ont notamment indiqué avoir tenu des discussions techniques détaillées sur la question du soutien interne, notamment sur le plafonnement et la réduction des soutiens faussant les échanges ou encore les disciplines sur l’utilisation de la « boîte verte ». Néanmoins, les deux groupes ajoutent que les échanges sur d’autres sujets n’ont pas encore suffisamment progressé. En outre, ils ont exprimé leur volonté de collaborer dans l’avenir avec d’autres membres de l’OMC.