Lors des Dialogues de l’Organisation mondiale du commerce le 2 octobre, Alan Wolff, directeur général adjoint de l’institution genevoise, a appelé, dans le contexte de la Covid-19, à un corpus de règles agricoles plus solides.
Sans bouleverser l’ensemble du commerce mondial des produits alimentaires, la pandémie de Covid-19 a mis au grand jour le besoin pour l’Organisation mondiale du commerce (OMC) de renforcer le corpus de règles pour l’agriculture. « Ce dont nous avons besoin, c’est d’un règlement agricole de l’OMC qui puisse en tout temps garantir un accès libre aux marchés, surtout dans les périodes difficiles », a déclaré Alan Wolff, directeur général adjoint de l’OMC, lors de son discours le 2 octobre, prononcé dans le cadre des Dialogues de l’OMC sur le commerce des produits alimentaires. Face à l’imprévisibilité de la crise, certains membres ont dû imposer unilatéralement de nouvelles exigences à leurs frontières, notamment en matière de tests et d’emballage pour les aliments importés. D’autres ont subventionné leurs agriculteurs via les programmes d’aides d’État ou le transport afin de réduire le coût des exportations alimentaires pendant la pandémie. Dans ce contexte de crise, les membres se sont alors souciés lors du dernier Comité à l’agriculture le 25 septembre, de savoir si ces nouvelles dispositions n’allaient pas, à plus long terme, fausser les échanges.
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L’Australie, membre du groupe de Cairns (pays exportateurs de produits agricoles), a appellé notamment les membres de l’OMC à s’assurer que toute mesure d’urgence dans le domaine de l’agriculture en réponse à la pandémie de Covid-19, soit ciblée, proportionnée, transparente, temporaire et conforme aux règles de l’OMC. Elle appelle à notifier en temps voulu à l’OMC l’adoption de nouvelles mesures agricoles liées à la pandémie, précise la délégation. Par ailleurs, l’Australie a proposé une nouvelle communication au nom du groupe de Cairns, sur une éventuelle voie à suivre afin de s’attaquer aux soutiens internes qui distordent les échanges. « Les droits au titre de la seule boîte orange (soutiens internes distorsifs) atteindront 2 000 Mrds $ d’ici 2030 si rien n’est fait », estiment les membres du groupe de Cairns. Dans le contexte de la Covid-19, le Japon estime aussi que sans disciplines claires sur les restrictions à l’exportation, les prix commerciaux des denrées alimentaires augmenteront et auront un impact négatif sur la sécurité alimentaire des pays importateurs.
Par ailleurs, en compétition pour remplacer l’ancien directeur général Roberto Azevêdo, qui a quitté son poste le 31 août, la Nigériane Ngozi Okonjo-Iweala et la Sud-Coréenne Yoo Myung-hee ont été finalement désignées le 8 octobre, comme les deux dernières candidates au poste de directeur général de l’Organisation mondiale du commerce. Il reste maintenant un dernier tour pour les départager.