Abonné

OMC : les négociations agricoles toujours dans l’impasse

- - 3 min

À moins de trois mois de la 13e Conférence ministérielle de l’OMC, les négociations agricoles semblent toujours encalminées. La présentation d’une proposition sur le soutien interne par le groupe de Cairns lors d’une réunion le 20 novembre a fait naître une vive opposition, de l’Inde notamment. Et la mini-réunion ministérielle organisée le 28 novembre ne semble pas l'avoir apaisée.

Quelque 24 ministres étaient invités à se rencontrer le 28 novembre lors d’une mini-réunion ministérielle en ligne sur les questions liées à l’agriculture. À trois mois de la 13e Conférence ministérielle de l’OMC (CM13, du 26 au 29 février), l’objectif était de discuter de la manière de faire avancer les discussions et tenter de mettre fin aux blocages actuels dans les tractations agricoles à l’OMC. Organisateur de l’événement, le ministre du Commerce extérieur des Émirats arabes unis, Thani Bin Ahmed Al Zeyoudi, a exhorté les ministres à donner des orientations politiques aux négociateurs afin de surmonter les obstacles dans les échanges et à combler les divergences fondamentales entre leurs positions. « Nous sommes à la croisée des chemins », a-t-il déclaré.

Lire aussi : OMC : les discussions reprennent avec un mandat politique axé sur la sécurité alimentaire

Toutefois, les pourparlers ont connu un nouvel incident, en amont de cette mini-ministérielle. À l’occasion d’une réunion de négociations agricoles le 20 novembre initialement dédié aux stocks publics, la Thaïlande et le Canada, au nom de quatorze membres du groupe de Cairns (principaux exportateurs agricoles), ont présenté une nouvelle proposition concernant le soutien interne. Cela a provoqué le courroux de l’Inde, soutenue par d’autres pays comme le Nigeria, qui y a vu une « embuscade ». Concrètement, la proposition des pays du groupe de Cairns vise à réduire de moitié les droits globaux au soutien interne agricole d’ici la fin de 2034. Celle-ci prévoit aussi des flexibilités pour les pays les moins avancés (PMA) et un mécanisme de sauvegarde afin d’augmenter de droits de douane en cas de forte augmentation des importations subventionnées.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Oppositions sur le soutien interne

Si certains membres du groupe de Cairns (Brésil, Costa Rica, Paraguay, Uruguay, Malaisie, Équateur, Chili, Argentine) y voient une solution permanente idéale aux stocks publics, environ 80 membres en développement ont fait part de leur ferme opposition. Ces membres se sont alignés sur la position indienne qui précise que la détention de stocks publics dispose d’un mandat autonome, non soumis à d’autres processus de négociation. Pour le Nigeria, la proposition du groupe de Cairns n’est pas pertinente car l’objectif d’une solution permanente sur le stockage public est de soutenir la production locale des pays en développement en temps de crise. Ainsi, la formule proposée soumet le stockage public au plafond total et ne permet d’inclure qu’un nombre limité de produits. L’Afrique du Sud et la Turquie ont fait écho à ce point de vue, mettant en avant la notion de sécurité alimentaire lors de l’évaluation des stocks publics. Les États-Unis et l’UE ont, quant à eux, estimé qu’il n’était pas réaliste de concevoir une solution en dehors du cadre du soutien interne sans toutefois apporter leur soutien au modèle proposé.