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Grandes cultures Orama pour une Pac axée sur un premier pilier « fort »

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Un « budget fort pour le premier pilier de la Pac », justifié par « le caractère stratégique de l’agriculture » européenne, telle est la position essentielle que vient de prendre Orama, signature commune des producteurs de blé (AGPB), de maïs (AGPM) et d’oléoprotéagineux (Fop).

«Le secteur des grandes cultures européen est stratégique, cet atout doit être entretenu et pour cela il faut un premier pilier de la Pac fort », a déclaré Philippe Pinta, président d’Orama et de l’AGPB, présentant le 29 septembre à la presse les positions d’Orama dans la perspective de la Pac de l’après-2013. Ces positions ont été arrêtées lors d’une assemblée plénière qui s’est tenue le 28 septembre.

« La production, la production, et encore la production »

« Le point central de la Pac est la production, la production, et encore la production », a martelé le président d’Orama. Le premier pilier, consacré au soutien des revenus, « doit rester le pilier principal ». « Un budget fort pour le premier pilier de la Pac garde toute sa légitimité au regard des évolutions des marchés agricoles et de l’importance des paiements directs dans le produit brut », indique le texte résumant la position des dirigeants d’Orama. À l’heure où la Russie n’est pas en mesure d’honorer ses contrats d’exportation de blé à l’Égypte, l’existence d’une Europe agricole solide est un élément de stabilité du marché mondial alimentaire. « L’Europe doit considérer aussi ce qui se passe en dehors de ses frontières », commente-t-on chez les céréaliers.
Un « message fort » adressé par Orama aux pouvoirs publics demande que les DPU, principaux canaux par lesquels s’exerce le premier pilier, puissent être stockés durant les campagnes fastes et être ressortis pendant les campagnes difficiles, a insisté Philippe Pinta.
Les DPU « constituant un instrument-socle pour l’économie des exploitations », Orama préconise un « balisage clair » de leur évolution. En effet, les DPU « vont inéluctablement devoir converger » au niveau national, « de façon progressive (sur une période de dix ans)», entre toutes les filières de production (végétales et animales). À ne pas confondre avec la convergence des aides entre l’Ouest et l’Est de l’UE, qu’Orama estimerait « injustifiée » du fait de l’écart des niveaux de charges et du coût de la vie.
Toutes ces positions seront discutées à Bruxelles dès le début du mois d’octobre, lors d’une rencontre avec la Commission et avec le Parlement européen. Elles seront aussi discutées à l’échelon français : au ministère de l’Agriculture et avec les organisations professionnelles, à commencer par « la grande maison » (la FNSEA), les Jeunes Agriculteurs, etc., a précisé Philippe Pinta. « Quelques curseurs sont encore à revoir », a-t-il ajouté, à propos de ces concertations avec les autres secteurs. À ce propos, concernant l’article 68, destiné à prélever une partie des aides directes pour financer le développement du blé dur, du bio, et du lait de montagne, Orama estime que « ce budget doit être plafonné à son utilisation actuelle », sinon on diminue d’autant l’enveloppe des DPU, a expliqué son président.

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