L’objectif d’une meilleure protection du revenu des agriculteurs réunit également les partis, même s’ils ont en la matière des solutions et des ambitions différentes.
Les Républicains se situent dans la continuité de la réforme en cours de la Pac, avec une proposition de la Comagri de placer 30 % des fonds du second pilier dans les outils « d’investissement et de gestion des risques » et de créer des « fonds européen permanents de prévention et de gestion des crises agricoles », qui puissent intervenir « en dehors du principe budgétaire d’annualité de la Pac. » Le parti se dit ouvert à tous les outils de gestion des risques disponibles.
Au Parti socialiste, on se situe également dans la ligne du Parlement actuel, puisqu’Eric Andrieu a piloté le rapport de la Comagri sur l’OCM unique. Le programme du PS comprend un retour des mesures de régulation des marchés : « programmes de réduction de la production » ; davantage d’outils pour la gestion des risques climatiques, sanitaires et économiques, en particulier « l’assurance risques pour la production agricole, les outils de stabilisation du revenu et les fonds mutuels » ; filets de sécurité et « systèmes de prévention et gestion des crises basés sur des aides contracycliques » pour « garantir que les agriculteurs soient payés équitablement ».
De la gestion des risques aux prix garantis
La position de LREM n’est pas encore très claire, mais ne semble pas franchement critique de la direction prise par la Comagri. L’Europe « doit être un peu plus forte » dans ce domaine, avait estimé Jérémy Decerle devant le SNpar, jugeant notamment que « la formule autour des aides contracycliques aux États-Unis est plutôt un exemple qui fonctionne et qui permet aux agriculteurs d’être plus résilients ». Il estimait par ailleurs nécessaire que l’Europe soit « plus performante dans la gestion de marché », ce qui passerait « par une meilleure structuration de filière ».
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Trois partis se démarquent en défendant l’idée d’un prix minimum (LFI, EELV et Debout la France), avec cependant quelques nuances. Les Insoumis plaident pour un encadrement des volumes produits – « à discuter avec les producteurs eux-mêmes » – mais aussi un prix minimum pour chaque État membre. « Aujourd’hui, il y a concurrence intra-européenne sur certaines productions notamment en fruits et légumes. Nous n’avons pas à nous faire concurrence au sein de l’UE », détaille Laurence Lyonnais. Les Verts proposent une « garantie de prix minimum » par la « création de contrats de filières équitables ». Debout la France propose d’instaurer et de maintenir au sein d’un tunnel « maximum-minimum » des prix garantis pour les grandes productions agricoles telles que les céréales, le lait ou les viandes, grâce à « une régulation adaptée des productions et des marchés ».
À mi-chemin, le Rassemblement national plaide, « en voyant ce qui se passe en lait et en betterave », pour une « régulation des volumes », explique Philippe Juvin. Mais le candidat se veut, en revanche, « prudent sur la régulation par les prix » et l’idée de prix garantis.
Un objectif de prix garantis chez LFI, EELV et Debout la France