Dans son dernier rapport Céré’Obs publié le 1er avril, FranceAgriMer rapporte une avancée significative mais hétérogène des semis de printemps, avec des régions perturbées par les mauvaises conditions météorologiques.
Alors que le dernier rapport Céré’Obs est paru la semaine dernière, le président du conseil spécialisé Grandes cultures de FranceAgriMer et agriculteur dans la Marne, Benoît Piètrement, a fait part à Agra Presse de son « inquiétude » concernant les orges de printemps, le 4 avril. Au 1er avril, les semis d’orges de printemps étaient réalisés à 86 % à l’échelle nationale, contre 48 % deux semaines auparavant (18 mars).
Si les semis ont fortement progressé en l’espace de deux semaines, ils restent néanmoins en retard par rapport à la moyenne des cinq dernières années, où 100 % des orges de printemps avaient été semées à cette date, souligne FranceAgriMer. À ce propos, M. Piètrement évoque une « hétérogénéité terrible », parfois au sein même des parcelles.
La situation est notamment critique dans les Hauts-de-France, où seuls 59 % des semis d’orges de printemps avaient été réalisés au 1er avril contre 100 % un an auparavant, selon le rapport Céré’Obs. De même, en Île-de-France, 72 % des semis d’orges de printemps avaient été réalisés au 1er avril, contre 100 % un an auparavant.
Des précipitations « abondantes »
Dans les autres régions, les chiffres sont plus optimistes, avec 100 % des semis réalisés au 1er avril en Nouvelle-Aquitaine, 98 % en Bourgogne-Franche-Comté, 97 % en Centre-Val-de Loire ou encore 87 % dans le Grand-Est. Benoît Piètrement reste toutefois « méfiant » face aux données présentées par Céré’Obs. Et ce d’autant plus que les intempéries et les inquiétudes « perdurent », avec d’ores et déjà la présence de « trous » dans certains champs.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
En mars 2024, les précipitations ont été « abondantes » dans l’ensemble du territoire, rappelle Météo-France dans un bulletin du 3 avril. À l’échelle nationale, l’excédent pluviométrique a ainsi atteint 85 % par rapport aux normales 1991-2020, soit le cinquième mois de mars le plus arrosé depuis le début des mesures en 1958 (derrière 2001, 1979, 1978 et 2006).
« À l’heure actuelle, il est trop tôt pour se positionner sur les conditions climatiques à venir, et donc, sur le potentiel réel des orges de printemps cette année », précise l’institut technique Arvalis dans un communiqué du 28 mars. Étant donné que les essais semés après le 30 mars « décrochent beaucoup plus fortement », ce dernier conseille de remplacer la céréale par du maïs, par exemple.
Une décision qui n’est pas sans effet sur le potentiel des cultures, rappelle toutefois M. Piètrement. Pour ceux qui persisteraient à semer des orges de printemps, « il est conseillé d’attendre un ressuyage correct du sol plutôt que de vouloir semer à tout prix : une orge mal implantée sera beaucoup plus sensible aux accidents climatiques », prévient l’institut technique.