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Outre-mer : des fonds supplémentaires pour le Posei en 2024 et 2025

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Auditionnée par les sénateurs, Annie Genevard a indiqué que le Posei (aides Pac) bénéficiera d’un « soutien renforcé » de 15 M€ en 2024 et 2025. Une annonce qui intervient alors que la Martinique est toujours secouée par des émeutes contre la vie chère.

La ministre de l’Agriculture a annoncé le 6 novembre un « soutien renforcé » en 2024 et 2025 aux agriculteurs d’outre-mer via le Posei (aides Pac), « à hauteur de 15 M€ dès 2024, soit 60 M€ de crédits Ciom en PLF ». Le Posei 2025 comprendra « deux dispositifs de soutien pour Mayotte et pour la Martinique », a-t-elle précisé lors de son audition par les sénateurs de la commission des Affaires économiques. Pour Mayotte, il s’agira d’une « majoration de l’aide à la commercialisation de volailles congelées produites localement ». Les agriculteurs martiniquais, eux, pourront émarger à une « mesure de soutien aux cultures locales découplée des volumes de production ». Alors que l’île est secouée depuis septembre par des émeutes contre la vie chère, cette aide « doit contribuer à la structuration des filières locales avec un objectif de diversification des productions locales », selon la ministre.

Plus largement, « il faut impérativement soutenir la production locale pour la consommation locale », a déclaré Annie Genevard, alors qu’aujourd’hui « l’essentiel de la production dans les territoires d’outre-mer est destinée à l’export ». Pour la ministre, « accompagner la diversification [des productions] est un axe stratégique majeur ». Pour rappel, en visite à La Réunion en 2019, Emmanuel Macron avait fixé pour objectif aux territoires d’outre-mer de viser « l’autonomie alimentaire » à horizon 2030.

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Pas d’aide supplémentaire pour l’alimentation animale

En revanche, lors de son audition le 6 novembre, Mme Genevard a écarté tout abondement supplémentaire de l’État au « régime spécifique d’approvisionnement » (RSA). Cette aide européenne vient compenser les surcoûts liés à l’éloignement pour l’importation des matières premières pour l’alimentation animale. « La Commission européenne a confirmé qu’il est possible d’abonder » cette enveloppe de 30 M€ (1er pilier de la Pac), a indiqué la ministre, appelant les collectivités d’outre-mer à « se saisir de cette possibilité ».

De son côté, le ministre des Outre-mer François-Noël Buffet s’est rendu en Martinique et y a précisé le calendrier de l’accord contre la vie chère conclu en septembre. « L’objectif, c’est, au 1er janvier prochain, -20 % sur 6 000 produits », a-t-il expliqué. Dans un communiqué le 12 novembre, la Confédération paysanne revendique que cet accord doit « concerner les produits de base locaux et pas seulement les produits de première nécessité importés ». En particulier, pour le syndicat, « les intrants et moyens de production agricoles doivent aussi être sortis des logiques de monopole et surcoûts ».

Aides aux volailles congelées pour Mayotte et aux « cultures locales » en Martinique