Dans un rapport dévoilé le 4 octobre, le CGAAER (ministère de l'Agriculture) fait sept recommandations pour relever le défi de l’autonomie alimentaire en outre-mer d’ici 2035. Il appelle notamment à utiliser les plans alimentaires territoriaux) et à restructurer la production agricole.
L’ampleur de la tâche est immense mais des « marges de progrès existent » pour parvenir à l’autonomie alimentaire en outre-mer. Telle est la conclusion du CGAAER (ministère de l'Agriculture) dans un rapport mis en ligne le 4 octobre. Missionné par les ministères de l’Agriculture et des Outre-mer en septembre 2020 pour identifier les freins et les leviers de ce chantier, le CGAAER fait sept recommandations.
Tout d’abord, des objectifs et indicateurs de résultats doivent être définis « territoire par territoire » et non à niveau global ultramarin. Ces objectifs seront à atteindre d’ici 2035, et non d’ici 2030 comme l’avait annoncé le président de la République dans son discours du 25 octobre 2019 à La Réunion. De plus, la réflexion ne doit pas être menée que par « les représentants de l’offre ». C'est « en ouvrant les instances de concertation et de décision sur la transformation agricole à des représentants des consommateurs, des acteurs de la santé, des douanes par exemple, que les débats s’enrichiront », estime le CGAAER. Le rapprochement des parties prenantes pourra se concrétiser via « des outils institutionnels à l’image des projets alimentaires territoriaux », en particulier ceux ayant trait à l’approvisionnement des cantines scolaires, poursuit l’organisme ministériel.
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Recalibrer les aides
Il sera nécessaire de « rationaliser » la structuration de la production agricole. L’objectif premier des organisations doit être l’accompagnement technique aux producteurs et l’aide à la mise en marché, et non « la captation de ressources publiques au profit de leurs membres », pointe le CGAAER. En outre, il faudra « raisonner » les soutiens financiers de façon « globale » et non par guichet. Il faudra aussi « calibrer » ces enveloppes en fonction de la taille des populations et des surfaces agricoles mises en valeur. Enfin, il faudra « confier la gestion de ces enveloppes aux services déconcentrés » et étudier la faisabilité d’une décentralisation, « si possible avant 2035 ».
Par ailleurs, le CGAAER estime que les filières agro exportatrices « les mieux organisées » ont un rôle de « catalyseur de changement » auprès de leurs adhérents, aussi engagés dans la production alimentaire locale.