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Pac : Bruxelles pose les premières pierres de sa Vision pour l’agriculture

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La Commission européenne a finalisé la composition du nouveau Comité européen de l’agriculture et de l’alimentation qui l'accompagnera dans la mise en place de la future politique agricole de l’UE. La première réunion de cette instance, qui réunit organisations professionnelles et représentants de la société civile, est prévue le 4 février, deux semaines avant que Bruxelles ne dévoile sa Vision pour l’agriculture et l’alimentation.

Tout est désormais en place pour lancer les discussions sur la future Pac. La Commission européenne a, comme prévu, publié le 27 janvier la liste des trente organisations retenues pour siéger au sein du nouveau Comité européen de l’agriculture et de l’alimentation (EBAF en anglais) dont la première réunion se tiendra le 4 février. Sur le papier (selon la classification du registre de transparence de la Commission européenne), les organisations professionnelles et les ONG y sont représentées à parts égales mais à y regarder de plus près c’est en réalité une vingtaine d’organisations agricoles – Copa (agriculteurs), Cogeca (coopératives), CEJA (jeunes agriculteurs), IFOAM (bio) Via Campesina, FoodDrinkEurope (industries), CropLife (pesticides), ELO (propriétaires terriens) – qui ont été retenues contre une dizaine d’ONG – BEUC (consommateurs), Greenpeace, Birdlife… Par rapport à la composition du Dialogue stratégique sur l’avenir de l’agriculture, dont cette instance doit prendre le relais, les organismes de recherche (comme l’université de Wageningen) et de financement (comme la BEI) ont disparu de la liste des participants.

Lire aussi : Les propositions agricoles que prépare Bruxelles pour début 2025​​​​​​

Ce Comité européen va maintenant devoir préparer et assurer le suivi de la Vision sur l’agriculture et l’alimentation que doit dévoiler la Commission européenne le 19 février. « J’encourage les membres à maintenir l’esprit de consensus qui avait favorisé le Dialogue stratégique », a commenté le commissaire à l’Agriculture Christophe Hansen qui présidera l’assemblée. Il a aussi présidé, le 28 janvier, la première réunion du groupe de projet (réunissant les commissaires européens concernés) sur cette Vision pour l’agriculture. Un exercice qui devrait permettre de faciliter son adoption lorsqu’elle sera examinée en interservices au sein de la Commission. Christophe Hansen espère, en effet, être en mesure de présenter, lors de sa venue au Salon de l’agriculture à Paris fin février, les grandes lignes de ce document, qui fixera le cap de son mandat et lancera les discussions sur l’avenir de la Pac.

Garder ce qui fonctionne, enlever le reste

Lors d’un échange sur le sujet avec les eurodéputés de la commission de l’Agriculture, il a réaffirmé que celle-ci ne serait pas « un copier-coller du rapport du dialogue stratégique » mais un document plus court avec des pistes de réflexion « pour créer un environnement qui donne envie aux jeunes de rester sur leur ferme et que cela soit encore le cas en 2040 ». Parmi les points qui devraient y figurer : la confirmation d’une future stratégie pour l’élevage.

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Pour la future Pac post-2027, il prévient qu’il faudra de la prévisibilité pour les agriculteurs. « Lors de la précédente réforme tout a été fait dans la précipitation. Pour la prochaine je vous demande que l’on puisse négocier sereinement en avance afin que les administrations aient le temps de s’y préparer », espère-t-il. Son idée n’est donc pas de bouleverser la réglementation en place : « Il faudra garder ce qui fonctionne et enlever ce qui ne fonctionne pas. Car il y a un besoin de stabilité sans quoi personne n’investira et les jeunes ne s’installeront pas ».

Mais il faudra aussi, une fois encore, faire avec un budget restreint. « Sans moyens financiers supplémentaires, difficile d’ajouter des obligations supplémentaires », admet Christophe Hansen. Et d’ajouter : « Avec les ressources limitées qui sont les nôtres, il faudra viser juste ». Et viser juste, pour lui, signifie mieux cibler les aides de la Pac vers ceux qui en ont le plus besoin. Enfin, un volet renforcé sur la gestion des risques est attendu. « La réserve de crise n’est pas suffisante, nous sommes tous d’accord », a conclu le commissaire européen. Plus que quelques semaines avant d’avoir une idée plus précise de la forme que ces idées prendront.


Sucre : les transformateurs veulent de meilleurs outils de gestion de crises

L’association européenne des sucriers (CEFS), qui ne siège pas au sein du nouveau Comité européen de l’agriculture et de l’alimentation a publié, le 27 janvier, sa contribution à la future Vision sur l’agriculture et l’alimentation. Les transformateurs de l’UE plaident pour un budget de la Pac rehaussé à hauteur de l’inflation et une gestion des outils de gestion du marché plus réactive. Ils demandent également à la Commission européenne de gérer de manière très prudente l’élargissement de l’UE à l’Ukraine qui pourrait avoir un impact majeur sur la politique agricole. Le CEFS voudrait aussi étendre les obligations de transparence sur le marché à d’autres opérateurs notamment les utilisateurs et détaillants. Enfin, il appelle Bruxelles à donner aux agriculteurs d’avoir accès aux innovations telles que les nouvelles techiques de sélection génomiques (NGT), les pesticides, l’agriculture de précision ou les marchés du carbone.