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Syndicalisme Pac : « de bonnes intentions » à concrétiser pour les Jeunes agriculteurs

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Le syndicat Jeunes agriculteurs (JA) se félicite de la place accordée aux jeunes dans les deux piliers de la réforme de la Pac présentée le 12 octobre mais reste dubitatif sur la définition de certaines mesures. Par contre, les JA condamnent la faible ambition du volet consacré à la gestion des marchés. Le syndicat appelle enfin « à la responsabilité collective » des organisations agricoles pour éviter les querelles de chapelle.

«Si les grandes orientations de la réforme de la Pac rejoignent les préoccupations des Jeunes Agriculteurs, le diable se niche dans les détails », prévient Jean-Michel Schaeffer, le président des Jeunes agriculteurs, le 13 octobre. C’est sans surprise que le syndicat jeune se félicite de la place qui leur est accordée dans les deux piliers de la réforme et notamment la nouveauté que représente la « composante jeune » du premier pilier. « Dans un contexte inquiétant (une exploitation sur quatre a disparu en dix ans selon le dernier recensement agricole), le plafonnement et le “bonus” pour les jeunes sont des signaux forts, et nous espérons que Dacian Ciolos sera suivi dans ses intentions », souligne le syndicat. « Avec le CEJA (Conseil européen des jeunes agriculteurs), nous demandons d’ailleurs le renforcement de cette mesure », précise Mickael Poillion, membre du bureau des JA. L’aide pour les jeunes ne doit pas devenir une « rente de situation ». C’est pourquoi les JA défendent l’application de cette aide pour les 25 premiers hectares. Le syndicat jeune qui a défendu la prise en compte de l’actif agricole estime que la réforme ne va pas assez loin en ne considérant que les actifs salariés dans le calcul du plafonnement des aides du premier pilier. 

Un verdissement adaptable
Dans le cadre de ce premier pilier de la Pac, le « verdissement » attendu des aides doit demeurer accessible à tous les systèmes de production.  Le symbole du « verdissement » ne pose pas un problème aux JA mais le syndicat réclame « des mesures plus adaptables en fonction des différentes zones agricoles ». Même acceptation de principe de la convergence des aides à la condition que l’évolution agricole et économique des pays membres de l’Europe soit prise en compte.
Dans le cadre du second pilier, les six priorités thématiques sont « claires » (transfert de connaissance, compétitivité-viabilité, organisation de la chaîne alimentaire-gestion des risques, préservation des écosystèmes, efficacité des ressources et création d’emplois-renouvellement des zones rurales). « Nous prenons bonne note du maintien des aides à l’installation et de la possibilité de créer des sous-programmes pour les jeunes (aides à l’investissement…), les circuits courts, la montagne », expliquent les JA. « Charge aux Etats membres, à commencer par la France, de construire à partir de cela un programme ambitieux et cohérent de développement rural », avancent-ils.
Au chapitre de la gestion des marchés,  la reconnaissance des OP (organisation des producteurs) et interprofessions est « un premier pas », mais les JA constatent « le peu d’avancées sur les règles de la concurrence, sur l’Observatoire des marchés et sur l’Observatoire européen des prix et des marges » que le syndicat défend. Au final, malgré les annonces, « la gestion des marchés est essentiellement renvoyée aux acteurs privés, sauf situations de crise, et avec des outils limités, alors que d’autres régions du monde (USA, pays émergents), n’hésitent plus à protéger leurs agricultures ! », s’insurge Mickael Poillion. Les Jeunes agriculteurs sont bien décidés à faire du lobbying pour concrétiser des orientations qui leur vont plutôt bien, tout en appelant le monde agricole à la « responsabilité collective ». « Nous ne voulons pas que se reproduise l’erreur du bilan de santé où chacun défendait sa chapelle », insiste Jean-Michel Schaeffer.

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