Dans un entretien à Agra Presse le 1er avril, le vice-président de la FNSEA Arnaud Rousseau s’inquiète de l’évolution des critères de conditionnalité des aides dans la future Pac, qui engendrait une « souplesse bien moindre » dans le choix des cultures. Sa crainte porte sur la mesure 8 des BCAE (Bonnes conditions agricoles et environnementales) que les agriculteurs doivent satisfaire pour percevoir les aides du 1er pilier de la Pac. « Ce que souhaite le législateur [européen], c’est que la BCAE 8 se base sur la rotation [dans le temps] à la parcelle, et non plus sur la diversité de l’assolement au niveau de l’exploitation comme actuellement », explique M. Rousseau.
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Avec ce nouveau critère, un agriculteur dont toute la surface n’est pas irrigable risquerait de « devoir implanter des cultures à haute valeur ajoutée, pommes de terre ou légumes, sur des terres non irriguées », illustre-t-il, pointant un « non-sens agronomique » et une « vision très administrative ». Ce choix de l’assolement au lieu de la rotation représenterait « un degré d’exigence bien supérieur » au cadre actuel, selon M. Rousseau. « Nous nous en sommes émus auprès du ministre de l’Agriculture », explique celui qui est aussi président de la Fop (producteurs d’oléoprotéagineux, FNSEA). « Nous sommes attachés à la diversité de l’assolement, mais il faut laisser la gestion de cette diversité aux chefs d’entreprise que sont les agriculteurs. » À Bruxelles, les discussions en trilogue sur ce point sont attendues au cours du printemps.