Les régions allemandes ont adopté, après des discussions intenses, leur position commune pour la future Pac qu’elles auront la charge de mettre en œuvre. Elles souhaitent consacrer 47 % de leur enveloppe à des mesures environnementales, avec 25 % du premier pilier pour les éco-régimes et un transfert progressif des fonds vers le second pilier.
Les régions allemandes ont adopté, après des discussions intenses, leur position commune pour la future Pac qu’elles auront la charge de mettre en œuvre. Elles souhaitent consacrer 47 % de leur enveloppe à des mesures environnementales, avec 25 % du premier pilier pour les éco-régimes et un transfert progressif des fonds vers le second pilier.
Alors que les pourparlers à Bruxelles sur la future Pac sont encore loin d’être terminés (1), les ministres de l’Agriculture des Länder allemands ont déjà adopté les grandes lignes de leur déclinaison de cette réforme de la Pac prévoyant notamment de consacrer jusqu’à 47 % des dépenses agricoles à des objectifs environnementaux avec notamment 25 % des fonds du premier pilier destinés aux nouveaux éco-régimes. Les seize ministres régionaux ont adopté lors d’une réunion les 25 et 26 mars qui s’est tenue à Berlin un document de sept pages, dans lequel ils envisagent également une réaffectation progressive des fonds du 1er vers le 2e pilier, qui passerait progressivement de 10 % en 2023, à 11 % en 2024, 12,5 % en 2025 et 15 % en 2026 afin de renforcer les interventions en faveur de l’environnement et du climat. La réallocation en 2027 sera décidée en 2026 à la lumière des résultats obtenus mais la trajectoire devrait rester la même.
Le ministre vert de l’Agriculture de la Saxe, Wolfram Günther, qui présidait la réunion, s’est félicité, dans un communiqué, du compromis qui avait été trouvé après une « lutte vraiment difficile » de 33 heures de discussions. Il a appelé le gouvernement fédéral à « adopter et mettre en œuvre cette décision unanime », exprimant son espoir que les colégislateurs de l’UE concluent maintenant les négociations en trilogue.
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2 % pour des aides couplées à l’élevage
Dans le détail cette position des régions allemandes prévoit également que les petites et moyennes exploitations soient soutenues par l’instrument de paiement redistributif pour lequel l’Allemagne appliquera un plafond de 12 % des paiements directs pour une prime de redistribution graduelle appliquée aux 60 premiers hectares des exploitations. L’Allemagne pourra appliquer également, et c’est une grande nouveauté pour le pays, des paiements directs couplés., « afin de soutenir les éleveurs d’ovins et de caprins ainsi que les éleveurs de vaches allaitantes pures (sans autre élevage laitier sur l’exploitation) ». Quelque 2 % des paiements directs pourront être alloués à une prime couplée aux animaux, avec un objectif de 30 euros par brebis et chèvre et de 60 euros par vache allaitante. Pour le soutien supplémentaire des jeunes agriculteurs, 2 % du plafond national des paiements directs du 1er pilier seront mis à disposition. Cela permettra de débloquer une aide d’environ 70 euros par hectare pour un maximum de 120 hectares par exploitation.
La ministre fédérale de l’Agriculture, Julia Klöckner, présente à la réunion en tant qu’invitée, a qualifié cette position de réaliste. Mais ce n’est pas l’avis du principal syndicat agricole du pays, le DBV, qui a vivement critiqué ce compromis trouvé entre les ministres régionaux estimant qu’il pourrait conduire à une baisse drastique des paiements directs pouvant aller jusqu’à 40 %.