Alors que les discussions sur la réforme de la Pac débutent, le groupe social-démocrate au Parlement européen (S & D) a présenté ses priorités : un budget accru, des aides plus ciblées (vers les petits agriculteurs, les mesures environnementales…) et des outils de gestion des marchés et des risques renforcés.
Le groupe social-démocrate (S & D) au Parlement européen, deuxième force politique à Strasbourg, a publié, le 3 septembre, sa position sur la future Pac plaidant pour une sortie progressive des paiements à l’hectare et des outils de gestion des marchés renforcés. Les eurodéputés Christophe Clergeau (France), Dario Nardella (Italie) et Tiemo Wölken (Allemagne), qui ont coordonné ce travail, estiment que le budget de la Pac doit être « considérablement accru » et s’opposent à sa fusion dans un fonds unique. Ils appellent également à prévoir un fonds pour une transition juste pour l’agriculture en dehors du budget de la Pac afin de fournir le soutien ponctuel à l’investissement pour accélérer une transition vers des pratiques et des systèmes agricoles durables.
Pour ce qui est des soutiens aux revenus, le groupe S & D, considère que la part des paiements directs – autres que les aides à la surface –, tels que les soutiens couplés, les aides aux jeunes agriculteurs, les paiements redistributifs ou ceux pour contraintes naturelles devrait être progressivement augmentée. Et il se montre favorable à un plafonnement des paiements directs (entre 75 000 et 95 000 € par bénéficiaire) et une dégressivité avec des flexibilités (pour les coopératives par exemple). Le rapprochement des écorégimes avec les mesures agroenvironnementales du second pilier est aussi souhaité, à condition qu’une part budgétaire d’au moins 30 % y soit consacrée. Les sociaux-démocrates considèrent que les systèmes d’élevage, en particulier le pâturage extensif, ont aussi besoin d’un soutien supplémentaire afin de réduire davantage leur empreinte environnementale. Autre proposition : renforcer la conditionnalité sociale de la Pac pour garantir des normes minimales en matière de salaires, de conditions de travail et d’accès aux droits fondamentaux (sécurité sociale, soins de santé, congés payés…).
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Stocks, régulation et réassurance
En matière de gestion des risques et des marchés, les eurodéputés socialistes souhaiteraient que la boîte à outils soit élargie avec : la fixation de seuils d’excédents prédéfinis qui, une fois dépassés, offrent la possibilité aux organisations de producteurs de coordonner les volumes de production ; une réserve agricole et des stocks stratégiques mobilisables en quelques semaines pour stabiliser les prix et garantir l’approvisionnement en intrants essentiels ; et un système de réassurance à l’échelle de l’UE.
Comme beaucoup, ils se prononcent pour l’alignement des normes de production des produits importés sur celles de l’UE. Enfin sur le volet de l’alimentation, le groupe S & D voudrait un nouvel étiquetage « clair et harmonisé des denrées alimentaires, concernant l’origine, les méthodes et conditions de production, l’impact social et environnemental des aliments, la présence d’additifs et le bien-être animal ».