Pour la prochaine Pac, la région Bretagne propose de renforcer le paiement redistributif et la flexibilité du premier vers le second pilier.
Après une série de consultations menées depuis septembre, la région Bretagne a produit une « contribution sur l’avenir de la Pac » qui sera examinée en session du conseil régional au mois de décembre. Dans ce document transmis à Agra Presse le 22 novembre, on retient principalement que le conseil régional propose le renforcement de deux mesures : la « flexibilité du 1er pilier vers le 2nd » et le paiement redistributif.
Favoriser les petites surfaces
Le renforcement du paiement redistributif (pour les 50 premiers hectares) permettrait d’augmenter les aides touchées par les exploitations à petites surfaces comme les élevages laitiers ou les productions de fruits et légumes très présentes dans la région, explique la note.
Dans ce même objectif, la Bretagne demande également un plafonnement des aides et une définition restrictive de l’agriculteur actif, à qui seraient réservées les aides Pac. Concernant l’équilibre entre le premier pilier et le second, la Bretagne plaide pour un « nécessaire renforcement du second pilier de la politique afin d’en renforcer les fonds et d’augmenter les marges de manœuvre ». Le texte plaide pour « une véritable rémunération des efforts et risques entrepris par les agriculteurs et agricultrices ».
Cette prise de position sonne comme une réponse au choix qui a été fait par Stéphane Travert cet été. Face à un dépassement budgétaire sur le second pilier, le ministre a opéré une ponction modérée sur le premier pilier tout en figeant le paiement redistributif à 10 % ; pour les agriculteurs bretons, une augmentation du paiement distributif, comme prévu par François Hollande aurait permis de compenser tout ou partie des aides perdues sur le premier pilier. Le vice-président à l’agriculture de la région Bretagne, Olivier Allain était l’un des deux conseillers agricoles d’Emmanuel Macron durant la présidentielle.
Fusionner l’organisme payeur et l’autorité de gestion du second pilier
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Les propositions de la Bretagne sur le budget global et la simplification de la Pac ou sur la gestion des risques sont dans le droit fil de ce que proposait Emmanuel Macron durant la campagne présidentielle.
La région demande par ailleurs, comme l’association Régions de France, « la fusion de l’organisme payeur (ASP, ndlr) et de l’autorité de gestion (les régions, ndlr) » pour le second pilier de la Pac.
La Bretagne demande le renforcement du paiement redistributif, un plafonnement des aides et une définition restrictive de l’agriculteur actif
Pac : le DBV et la FNSEA unis pour un budget fort et contre un 1er pilier cofinancé
Les deux syndicats agricoles majoritaires dans leur pays, la FNSEA et le DBV (Allemagne), ont fait paraître le 20 novembre un communiqué présentant une position commune sur la réforme de la Pac post 2020. Les deux organisations plaident pour un budget fort allant « au-delà du plafond de dépenses, résultat de l’accord Chirac - Schröder ». Cette rencontre organisée en 2002 avait acté, dans un contexte d’élargissement de l’UE, le plafonnement des dépenses de la Pac de 2007 à 2013. Les deux syndicats ont aussi réaffirmé leur refus du cofinancement des aides directes du premier pilier : « Il appartient à l’Union européenne de financer ce pilier de la Pac. Celle-ci doit rester une politique commune et ne doit pas devenir un patchwork de politiques nationales ».