Cette nouvelle option aux contrats d’assurance récolte permettra aux agriculteurs d’ajouter une garantie sur les prix de vente. Pour l’assureur, « la volatilité des prix est devenue un sujet majeur avec la levée des protections réglementaires européennes ».
Pacifica, la filiale assurance dommage du Crédit Agricole Assurances, a annoncé lors d’une conférence de presse mardi 12 juin 2018 le lancement d’une « garantie chiffre d’affaires » visant à maintenir « un niveau de chiffres d’affaires sécurisé, contre une baisse due à un aléas climatique, à une baisse de prix ou toute combinaison des deux événements ». L’offre se présente comme une option aux contrats d’assurance récolte qui existent depuis 2005, et ne sera disponible pour la récolte 2019 que pour les cultures de blé tendre d’hiver, de maïs et de colza. « Nos produits comme l’assurance récolte ne couvraient jusqu’à maintenant que la quantité produite par un agriculteur, avec cette nouvelle option, nous couvrons également le prix de vente unitaire de sa récolte », explique Jean-Michel Geeraert, directeur du marché de l’agriculture chez l’assureur. « Les prix des produits agricoles ne sont plus corrélés seulement au rendement mais au marché mondial. On ne peut plus tabler sur le fait qu’une baisse des rendements sera forcément compensée par une hausse des prix », rajoute-t-il, prenant à témoin l’année 2016 qui avait vu une forte chute des rendements en France mais pas en Europe.
Une offre limitée à trois cultures pour le moment
Concrètement, l’agriculteur aura la possibilité de choisir le montant du chiffre d’affaires qu’il veut sécuriser et la surface de cultures qu’il veut inclure dans cette garantie, avec un plafond fixé à 80 % du total de ses surfaces. L’indemnité sera versée si le chiffre d’affaires calculé (son rendement multiplié par le prix moyen observé sur 6 mois sur le marché à terme concerné) est inférieur au chiffre d’affaires qu’il avait choisi de sécuriser. « Le prix observé n’est donc pas le prix de vente du client mais le prix sur le marché à terme sur une période de 6 mois », insiste Bruno Lepoivre, directeur adjoint du marché de l’agriculture et de la prévention chez Pacifica. C’est d’ailleurs pour cette raison que l’offre est pour l’instant limitée à trois cultures car ce sont « trois marchés à terme suffisamment efficients » pour déterminer un prix moyen significatif. Le calcul de la prime se fera sur une base individuelle, en prenant en compte « le potentiel du client à atteindre le chiffre d’affaires sécurisé », notamment à travers l’historique de ses rendements. Cette prime sera compatible avec les dispositifs d’aides européens à l’assurance « et pourra être subventionnée jusqu’à 65 % de la prime portant sur la partie rendement », a précisé Bruno Lepoivre.
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Un objectif de 20 % des surfaces en grandes cultures d’ici six ans
Les souscriptions à cette nouvelle option devraient s'ouvrir à l’automne prochain. Le lancement de cette offre représente la preuve « de notre volonté d’aider l’exploitant à repousser les risques aussi bien sur son revenu que sur son investissement », a jugé Thierry Langreney, directeur général de Pacifica, qui reste le deuxième assureur agricole en France avec 566 millions d’euros de chiffre d’affaires l’année dernière sur ce marché, derrière Groupama. Le groupe a d’ailleurs vu « le montant des capitaux assurés en agriculture multiplié par 3 entre 2015 et 2018 », a précisé Jean-Michel Geeraert, qui y voit un effet direct de l’année 2016. Sur les 8 millions d’hectares de grandes cultures en France, près de 25 % ont désormais souscrit à une assurance récolte. Pacifica table sur une diffusion de sa nouvelle offre sur « 10 % des surfaces dans 3 ou 4 ans et 20 % d’ici 6 ou 7 ans », a assuré Jean-Michel Geeraert.