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Julien Denormandie, ministre français de l’Agricultur « À partir du moment où l’on est dans un marché commun, nous devons tous avoir les mêmes règles »

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Alors que les discussions entre les États membres sur la future Pac entrent dans leur phase finale (1), le ministre français de l’Agriculture Julien Denormandie rappelle, dans un entretien à Agra Presse, les exigences françaises dans ces pourparlers : des éco-régimes obligatoires dans tous les États membres, des plans stratégiques nationaux discutés au niveau du Conseil des ministres de l’UE et une réelle simplification des règles, pour les agriculteurs notamment. Objectif : maintenir le caractère commun de la prochaine Pac.

Dans le cadre des discussions en cours sur la future Pac, la question de son contrôle qui devrait être basé non plus sur une obligation de moyens mais sur un objectif de résultats, est centrale. Or, il semblerait que l’on se dirige, au moins dans un premier temps, vers une cohabitation entre ces deux systèmes. Comment dans ces conditions parvenir à une simplification ?

C’est un débat auquel je participe avec beaucoup d’insistance depuis trois mois. La vraie question aujourd’hui est de savoir si l’on veut passer de la conformité à la performance. Je crois beaucoup à la performance, bien plus qu’à la conformité. Je m’oppose au fait que l’on ajoute une complexité qui viendra peser sur le dos des agriculteurs. Et je suis attentif à ce que la nouvelle Pac ne soit pas encore plus complexe qu’elle ne l’est actuellement. J’échange beaucoup avec mes collègues européens sur le sujet. La simplification sera aussi un gage d’appropriation des objectifs de la nouvelle Pac.

Avez-vous des craintes vis-à-vis des éco-régimes qui vont être introduits dans le premier pilier ?

Il faut que les éco-régimes, la conditionnalité renforcée et tout ce qui est du ressort du premier pilier de la Pac permettent d’accompagner l’agroécologie. L’agroécologie n’est pas pour moi une vision, mais un moyen pour atteindre durablement la souveraineté, pour réduire nos dépendances, à l’eau, aux produits phytosanitaires… La demande que je formule au sujet des éco-régimes, c’est qu’ils soient obligatoires pour tous au sein de l’Union européenne. À partir du moment où l’on est dans un marché commun, nous devons tous avoir les mêmes règles.

La Commission européenne va envoyer des recommandations à chaque État membre pour l’aider à construire son plan stratégique national (PSN). Mais c’est aussi elle qui, au final, va valider ce plan. N’y a-t-il pas une crainte de verrouillage dès de départ ?

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En effet. C’est pourquoi je demande, avec d’autres États membres, que les PSN soient discutés au niveau du Conseil et non pas au niveau de la Commission européenne. Les PSN, c’est un acte politique et c’est un gage de toute la convergence européenne.

Quelle est votre position dans le débat sur la répartition des aides Pac à l’actif ?

C’est une question légitime et nous avons le débat sur la définition au niveau européen. S’il y a une difficulté sur la définition de l’actif, l’idée de soutenir les exploitations qui génèrent de l’emploi, mais aussi qui font vivre nos territoires, est une idée que je porte au niveau européen.

(1) Voir même numéro