Le bureau du Comité national interprofessionnel de la pomme de terre (CNIPT), réuni le 8 septembre, fait état de « pressions excessives » sur les prix des pommes de terre de conservation et qui ne paraissent « absolument pas justifiées » par la situation du marché.
En effet, indique l’organisme, si les surfaces ont augmenté dans la plupart des pays nord-européens, ce n’est que dans des proportions relativement faibles, de 1,2 à 2,4% dans les pays où la production est principalement destinée au marché du frais. Et les surfaces ont baissé dans les pays du Sud, déjà importateurs de pommes de terre de France.
Récolte en hausse mais sous la moyenne
Les récoltes seront « naturellement plus abondantes qu’en 2003 », année marquée par la sécheresse et une canicule historique, mais plutôt au dessous de la moyenne des années antérieures, précise le CNIPT. Concrètement, l’an dernier la récolte était de 4,3 millions de tonnes ; la moyenne est de 4,7; le millésime 2004 sera entre les deux, dans une fourchette entre 4,4 et 4,6 millions de tonnes, estime-t-on au siège de l’interprofession. Cette dernière rappelle également que le marché de la pomme de terre est clairement segmenté, avec un développement important des ventes de chairs fermes et de lavables, tant en France que sur les marchés européens. Cette segmentation du marché est un frein à la banalisation des produits, qui est facteur de baisse des prix aux producteurs.
Pour le CNIPT, le marché est caractérisé par une reprise de la demande : « La campagne 2003-2004 a été particulièrement dynamique, avec un record de 1 400 000 tonnes exportées et une progression de près de 3% des achats des ménages en France ».
Quant à la campagne 2004-2005, elle commence « dans des conditions de commercialisation normales, avec des achats industriels plus précoces, de premières exportations vers le Sud et une bonne demande sur le marché intérieur ». Ajoutons à cela « une qualité globalement bonne, une proportion plus importante de beaux calibres et des actions de communication génériques engagées par le CNIPT » qui devraient « contribuer à soutenir la demande ». L’organisme interprofessionnel invite les opérateurs à tous les stades de la filière à « ne pas céder » au climat pessimiste actuel.
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De nouveau une campagne de promotion
Le CNIPT a par ailleurs annoncé son programme publi-promotionnel pour la campagne 2004-2005.
La diffusion de la publicité « Les pommes de terre, quelle santé ! » dans la presse reprendra début octobre jusqu’à fin novembre 2004. Un dispositif complémentaire d’information sur les lieux de vente sera mis en place dans 800 hypermarchés, 2 500 supermarchés et 800 magasins de détail à partir de la mi-octobre.
Enfin, toujours au chapitre de la commercialisation, le CNIPT rappelle que l’accord interprofessionnel sur les annonces de prix hors lieux de vente sur les pommes de terre de conservation a été renouvelé en juin dernier. Il s’appliquera pour la troisième campagne consécutive. Les annonces de prix hors lieux de vente seront possibles du 1er septembre 2004 au 30 avril 2005, sur tous supports (radio, presse, affiches, catalogues). « Pour nous, les annonces de prix sont des éléments d’animation du marché dont on ne peut se passer », commente Jean-Luc Gosselin, directeur du CNIPT.