Abonné

Pâtes Grand’Mère veut valoriser le blé dur d’Alsace

- - 3 min

La PME familiale dirigée par Philippe Heimburger, connue pour sa recette de pâtes aux œufs, poursuit son travail avec les producteurs locaux. Elle est parvenue à adapter le blé dur au climat alsacien, mais la filière locale demeure fragile.

« Le travail mené depuis 2012 nous permet aujourd’hui de lancer les premières pâtes à partir de blé dur d’Alsace », déclare Philippe Heimburger, le p.-d.g. des Pâtes Grand’Mère, à Marlenheim (Bas-Rhin). « Les premiers essais en 2012 ont été poursuivis les années suivantes afin de trouver la variété de blé dur qui peut s’épanouir sous le climat de notre région », poursuit-il. Pâtes Grand’Mère récolte ainsi les fruits de son travail avec les agriculteurs qui se sont lancés dans cette variété de blé peu commune dans le Nord-Est, obtenant au passage la certification HVE.

Résultat : une gamme de quatre références (torsades, pennes, corolles et spaghettis) diffusée dans les grandes surfaces, dont le prix de vente conseillé est de 1,59 euro. Un positionnement haut de gamme, renforcé par l’utilisation de moules en bronze et un séchage lent, selon la recette italienne traditionnelle.

Avec ces pâtes très locales, Philippe Heimburger dit répondre à l’attente des Français pour des produits confectionnés à partir d’ingrédients locaux. C’est la suite d’une démarche déjà entamée avec les gammes aux ingrédients français L’Alsacienne (blé dur et œufs frais de poules élevées en plein air 100 % Alsace) et Terroir (blé dur et œufs frais fermiers certifiées IGP Œufs de Loué et Label rouge).

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Pas de blé dur alsacien en 2021

La filière alsacienne de blé mise en place demeure toutefois fragile. Si les produits actuellement en vente sont fabriqués avec de la farine issue de la moisson 2020, Pâtes Grand’Mère ne peut pas fabriquer avec le blé récolté en 2021, en raison des volumes très faibles collectés. La société espère toutefois pouvoir relancer la fabrication avec les blés collectés en 2022.

Autre point de fragilité actuel : comme tous les industriels, Pâtes Grand’Mère est confronté à la hausse des coûts des matières premières, blé et œuf en priorité, mais aussi des emballages et du transport. « Nous demandons aux distributeurs une revalorisation de 8 à 9 % de nos tarifs pour absorber le choc, après un passage difficile à cause du Covid-19 », souligne Philippe Heimburger. La société familiale a réalisé 22 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2020, avec une rentabilité dégradée, et vise 20 millions d’euros en 2021. Elle travaille étroitement avec la grande distribution en Alsace, où elle a une place de choix, mais aussi à l’échelle nationale. 60 % de ses ventes se font à ses marques (Pâtes Grand’Mère et La Colombe pour les GMS et Panier de Juliette pour la distribution biologique) et 40 % avec les industriels et les marques de distributeurs.

« Nous demandons aux distributeurs une revalorisation de 8 à 9 % de nos tarifs pour absorber le choc »