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Pays-Bas : le parti des agriculteurs va entrer au gouvernement

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L’annonce aux Pays-Bas, le 15 mai, d’un accord sur la composition d’une future coalition gouvernementale intégrant l’extrême droite a suscité la controverse. La jeune formation agraire BBB en fait partie, avec comme principal objectif de prolonger la dérogation néerlandaise à la directive Nitrates.

Fumée blanche à Amsterdam ! Après quelques mois de négociations entre les partis politiques, un accord de coalition gouvernementale de droite a été annoncé le 15 mai par Geert Wilders, le dirigeant d’extrême droite. Celle-ci intégrera notamment le Mouvement agriculteur-citoyen (BBB – BoerBurgerBeweging) qui a obtenu sept sièges au Parlement néerlandais. Fondé en 2019, ce parti, qui a fait une entrée en force au Sénat néerlandais en mars 2023 en devenant la première force politique de la chambre haute, avait été l’un des principaux acteurs d’une vague de manifestations contre les plans de Mark Rutte visant à limiter les émissions d’azote en réduisant le cheptel et éventuellement en fermant des fermes.

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Sa présence dans la coalition devrait, sans aucun doute, engendrer un assouplissement des réglementations environnementales avec dans le viseur la dérogation batave à la directive européenne sur les nitrates qui expire en 2025. « Le nouveau gouvernement se battra avec acharnement pour les agriculteurs », affirme Caroline van der Plas, principal visage du BBB. Et d’ajouter : « Nous voulons nous attaquer à la crise du fumier en menant une lutte acharnée à Bruxelles ». La formation agraire a d’ores et déjà obtenu des engagements de ses partenaires de la coalition, notamment en matière de diesel agricole.

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Barre à droite

Cette coalition très marquée à la droite de l’échiquier politique devrait comprendre trois autres formations : le Parti pour la liberté (PVV), parti politique populiste d’extrême droite victorieux du scrutin de novembre à la surprise générale et qui dispose du plus grand nombre de sièges (37) à la chambre basse ; le parti libéral VVD (Parti populaire pour la liberté et la démocratie) du Premier ministre sortant Marc Rutte qui ne se représentait pas ; mais également le parti de droite Nouveau Contrat social (NSC), organisé autour de l’eurosceptique Pieter Omtzig. Tête d’affiche du PVV mais figure controversée de la politique néerlandaise, Geert Wilders ne sera pas le prochain Premier ministre des Pays-Bas. Son retrait des prétendants au poste était une condition dans la balance pour obtenir cette coalition. Si le nom du chef de file de cet attelage reste encore inconnu, celui de Ronald Plasterk, ancien ministre socialiste de l’Intérieur et de l’Éducation, a circulé ces derniers jours sans être confirmé. À moins d’un mois des Européennes, l’annonce de cet accord a entraîné un tollé au niveau européen, notamment dans les rangs des centristes de Renew, qui voit un de ses membres (le VVD) pactiser avec un parti d’extrême droite siégeant dans le groupe ID, mis au ban des discussions à Strasbourg et qui espère peser davantage à l’issue du scrutin de juin.