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Permafungi veut remplacer le polystyrène par des myco-matériaux

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Permafungi fabrique des emballages en mycélium, ici des boites à savons pour les Savonneries Bruxelloises. Crédits : © Permafungi

Permafungi a récemment inauguré son site de production de myco-matériaux près de Bruxelles, le plus grand d'Europe pour la production d’emballages biosourcés et biodégradables, en remplacement du polystyrène. 

Les champignons sont à la base de l’activité de Permafungi depuis sa création en 2014. « Notre mission : collaborer avec le monde du mycélium pour rapprocher les humains et la nature », souligne Julien Jacquet, fondateur de cette société belge. Sur le principe de l’économie circulaire, la société a commencé par produire des champignons (pleurote) localement, en recyclant du marc de café, ce qui représente à Bruxelles pas moins de 15 000 tonnes par an. « Depuis 2017, nous avons créé une nouvelle activité « Myco-matériaux » à partir de mycélium, dans le but d’offrir une alternative durable au polystyrène, explique le CEO. Ces myco-matériaux sur mesure sont prioritairement à destination de l’emballage, mais notre technologie est suffisamment flexible pour répondre à la demande, notamment en panneaux d’isolation ou en luminaires. » La société fabrique également des boites à savon pour les Savonneries Bruxelloises, mais aussi des emballages pour l’horlogerie et les cosmétiques ou encore les Vins et Spiritueux. Un contrat est d’ailleurs en cours de signature avec un client belge, propriétaire d’un domaine en Anjou. 

Pour produire ses emballages, Permafungi utilise là encore des déchets urbains, en provenance de scieries. « Durant la phase d’incubation, le mycélium mange la sciure dans un moule qu’il colonise comme une seconde peau. Ensuite, sans attendre que le champignon se développe, ce qui n’est pas le but, nous récoltons cette matière qui est séchée et pressée, jusqu’à l’obtention d’une matière inerte », détaille Julien Jacquet. 

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Un site unique en Europe

En octobre dernier, la société a inauguré son site de production à Forest, en Belgique, « la plus grande chaîne de production de myco-matériaux d’Europe », précise le CEO. « D’une surface de 1400 mètres carrés, ce site permettra de réutiliser chaque mois 10 tonnes de déchets organiques secs (sciure, copeaux, paille) pour produire à terme 100 mètres cubes d’emballages circulaires et biodégradables », indique la société. Cette usine, qui a représenté un investissement de 2,5 M€, a bénéficié d’un financement européen de 2 M€. Quelques mois plus tôt, la société avait levé 1,75 M€, ouvrant son capital à cette occasion, à deux nouveaux actionnaires : Après-demain SA (société familiale suisse fondée par l'entrepreneur Thierry Mauvernay) et finance&invest.brussels, la société anonyme d’intérêt public de la Région bruxelloise.

« Notre prochain objectif vise à trouver des partenaires commerciaux locaux, au Benelux et en France notamment, pour vendre nos emballages circulaires et biodégradables. Notre objectif est de remplacer le plus possible le polystyrène », ajoute Julien Jacquet. Ce dernier vise un chiffre d’affaires de 3 M€ à trois ans sur cette activité de myco-matériaux.