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Perspectives agricoles : vers un plus grand rôle des pays émergents

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Dans leurs perspectives agricoles à moyen terme (2024-2033), la FAO et l’OCDE soulignent la montée en puissance de quelques pays émergents au détriment de la Chine dans l’évolution des marchés agricoles. Ils font également un gros plan sur les effets du gaspillage et des pertes alimentaires.

L’OCDE et la FAO ont publié, le 2 juillet, leurs perspectives agricoles à moyen terme pour la période 2024-2033. Ce rapport conjoint fournit une évaluation des orientations des marchés nationaux, régionaux et mondiaux des produits agricoles de base au cours de la prochaine décennie. D’une manière générale, le principal constat fait par les auteurs est qu’au cours de cette période, les économies émergentes – notamment l’Inde, l’Asie du Sud-Est et Afrique subsaharienne – devraient jouer un rôle plus important dans l’évolution des marchés agricoles. A contrario, le rapport conjoint précise que l’influence de la Chine devrait décroître en raison d’un déclin démographique, d’une croissance des revenus plus lente et d’une stabilisation des habitudes alimentaires. Elle ne devrait donc plus tirer la consommation alimentaire et agricole mondiale avec la même vigueur.

Lire aussi : La croissance de la production agricole mondiale va ralentir, selon la FAO et l’OCDE

Le rapport souligne aussi que l’intensité des émissions de carbone de la production agricole devrait poursuivre sa chute en raison d’une production (tant végétale qu’animale) plus axée sur les gains de productivité que sur l’extension des surfaces cultivées. Toutefois, les émissions directes devraient augmenter de 5 %. En dépit de ces améliorations de productivité, d’importants écarts devraient persister. Pour les auteurs, cela devrait engendrer une fragilisation des revenus agricoles et de la sécurité alimentaire et accroîtra la dépendance des pays en importations alimentaires. Enfin, le rapport souligne l’importance du « bon fonctionnement des marchés internationaux des produits agricoles » pour assurer la sécurité alimentaire « tout en soutenant la création de revenus par les différentes activités agricoles et en facilitant l’atténuation des effets des chocs localisés, tels que les mauvaises récoltes ou événements météorologiques extrêmes ».

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Lutter contre le gaspillage

Par ailleurs, les perspectives agricoles conjointes de la FAO et de l’OCDE se penchent plus spécifiquement sur un scénario simulant les effets d’une diminution de moitié, à l’horizon 2030, des pertes et des gaspillages alimentaires. Concrètement, les auteurs concluent que diviser par deux ces pertes permettrait de réduire les émissions agricoles de gaz à effet de serre de 4 % à l’échelle mondiale. En outre, cela permettrait de réduire le nombre de personnes sous-alimentées de 153 millions d’individus, en raison de la diminution des prix qui se traduirait par une augmentation de la ration alimentaire dans les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire. Toutefois, les auteurs tempèrent ces résultats en indiquant que la diminution des prix et de la production pourrait affecter sensiblement les moyens de subsistance des producteurs.