Les négociations se poursuivent pour tenter de trouver une solution pour assurer la survie du groupe espagnol Pescanova et d'éviter que le tribunal ne prononce sa liquidation judiciaire le 3 mars prochain. Trois offres de reprise ont été faites sans convaincre, mais une alliance entre les proposants pourrait finalement offrir une issue favorable.
PESCANOVA, qui compte parmi les sociétés de pêche en haute mer et en aquaculture parmi les plus importantes au monde, en cessation de paiement depuis le début de l'année 2013, a jusqu'au 3 mars pour trouver une solution afin d'éviter une liquidation judiciaire. Les comptes de la société (que les actionnaires ont refusé de valider en février dernier) laisseraient apparaître une dette de 5,8 milliards d'euros, selon les estimations de la Commission des opérations de bourse espagnole (CNMV). Trois offres sont sur la table. La première a été déposée par le groupe brassicole Damm (actionnaire à hauteur de 6,2%) associé aux fonds d'investissements Luxempart (actionnaire à hauteur de 5,8%), KKR et Ergon Capital Partners. Ils se proposent de reprendre le groupe, en apportant 200 M€, moyennant un abandon de créances de 90%, ce que le conseil d'administration de Pescanova a rejeté. Une seconde provient des fonds d'investissement Center Bridge et BlueCrest associés à l'ancien ministre de la Défense, Eduardo Serra. Ils proposent une injection de fonds de 300 M€ mais demande un abandon de dettes de 70 à 80%. La dernière pourrait être proposée par les quelque cent banques créancières du groupe sous la houlette de celles le plus engagées que sont Banco Sabadell, Banco Popular, NCG Banco, Bankia, CaixaBank, Santander et BBVA, communément appelées le G7 ou « la banca ». Elles envisageraient un abandon de créances de 60 à 70% de leurs créances et un apport d'argent frais de 200M€.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Le président du groupe de pêche, Juan Manuel Urgoiti, nommé en septembre dernier, ancien membre du conseil d'administration d'Inditex ne cache pas, contrairement à son conseil d'administration que la proposition de Damm lui semble la plus crédible car elle émane d'un groupe industriel bien plus expérimenté que des fonds d'investissement et plus à même de proposer un plan de relance industriel du groupe. Il a également le soutien dessyndicats CC OO (majoritaire au sein du comité d'entreprise) et CIG qui estiment que Damm est le plus à même de maintenir l'emploi au sein du groupe. Les banques auraient engagé des négociations avec Damm pour éventuellement présenter une offre conjointe de reprise. Dans le même temps des négociations sont en cours, de manière séparée, pour sortir du groupe Pesca Chile, des offres de reprise ayant été faites par le canadien Cooke Aquaculture et l'américain Ecoconsult.