Une étude franco-italienne à paraître en octobre dans la revue Environmental Science & Technology fait apparaître que les nuages sont un réservoir à pesticides bien plus grand que ce que l’on imaginait, rapporte le journal Le Monde le 20 septembre (article payant). Les auteurs ont recherché plus de 400 substances actives (herbicides, insecticides, fongicides et leurs métabolites) dans six échantillons de nuages recueillis à différentes saisons au sommet du Puy de Dôme (1 500 m d’altitude). Plus d’une trentaine de molécules ont été détectées dans au moins un prélèvement. « L’un des points les plus alarmants de ces résultats est que, dans au moins un tiers des échantillons, la concentration totale de pesticides est supérieure à la limite de qualité pour l’eau potable », indique la chercheuse Angelica Bianco au Monde, la limite de qualité étant établie à 0,5 µg/l d’eau pour la somme des pesticides identifiés.
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Elle ajoute que ces résultats sont vraisemblablement sous-estimés, car le glyphosate n’a pu être recherché dans les échantillons. En extrapolant, les chercheurs estiment que, selon la couverture nuageuse du moment, entre 6 à 140 t de substances actives sont présentes dans les nuages en circulation au-dessus du sol français. Parmi les substances retrouvées, plusieurs sont interdites de longue date en Europe comme l’atrazine, le carbendazime et le fipronil. Leur présence dans la troposphère, et par conséquent dans les précipitations, peut s’expliquer par une utilisation autorisée dans d’autres pays puis un transport sur de longues distances par les nuages ; des usages « illégaux » ; ou encore « une remise en circulation dans l’atmosphère par les pratiques d’irrigation » quand l’eau pompée dans les nappes phréatiques est polluée, explique Angelica Bianco.