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Pesticides : la Commission européenne évalue le potentiel des méthodes de lutte intégrée

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Pour atteindre les objectifs de réduction de l’utilisation des pesticides qu’elle propose, la Commission européenne compte sur le déploiement des méthodes de lutte intégrée. Afin de faciliter leur mise en œuvre sur le terrain, une base de données sur l’efficacité des méthodes déjà disponibles vient d’être publiée avec l’ambition de lever les freins encore nombreux qui ralentissent leur expansion.

La Commission européenne a publié le 28 février une étude évaluant l’efficacité et les perspectives d’adoption future des méthodes de lutte intégrée contre les ravageurs actuellement disponibles. Chaque type ou groupe de pratiques a été évalué en fonction de son potentiel à l’égard de la réduction de la dépendance aux pesticides, de son coût de mise en œuvre et de son efficacité globale. Par exemple, la diversification des cultures est considérée comme ayant un moyen voire haut potentiel de réduction de l’usage des pesticides alors que le potentiel de l’agriculture de conservation est jugé faible. Au total, 1 300 exemples de pratiques, techniques et technologies sont répertoriés dans une base de données ainsi que 273 lignes directrices spécifiques aux cultures élaborées par les autorités nationales et les organismes publics des États membres. Objectif : faciliter la diffusion des informations en la matière et servir de source d’inspiration pour les agriculteurs et les conseillers agricoles.

Mais ce travail se penche aussi sur les moteurs et les freins à l’adoption de ces méthodes de lutte intégrée. Et au premier rang des facteurs influençant la réduction de l’utilisation des pesticides, les auteurs de ce travail placent « l’impact important des prises des positions de la société civile entraînant un cadre réglementaire favorable à l’action ». Les actions collectives telles que les programmes opérationnels mis en œuvre par les organisations de producteurs peuvent aussi largement soutenir la mise en œuvre de ces pratiques. De même que les fermes de démonstration et les projets de recherche financés par l’UE et les États membres qui présentent également des avantages en matière de consolidation et de transfert des connaissances.

Viabilité économique

À l’inverse, le principal facteur qui freine la réduction de l’utilisation des pesticides reste la question de la disponibilité d’alternatives économiquement viables. Le coût de mise en œuvre de certaines techniques reste élevé, ce qui pourrait entraîner une faible utilisation de ces technologies par les agriculteurs.

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Pour les auteurs de l’étude, lorsque les solutions de lutte intégrée reposent sur une série d’outils coûteux comme la robotisation pour le désherbage mécanique ou d’autres pratiques agricoles intelligentes, les agriculteurs ne peuvent souvent pas investir seuls dans de tels équipements. « Alors des approches collectives, financées par les pouvoirs publics, sont nécessaires ». Et le cadre réglementaire pour la mise en marché de produits alternatifs reste perçu comme trop lourd.

Autant de constats dont la Commission européenne va devoir tenir compte si elle veut faire avancer ses propositions sur l’utilisation durable des pesticides, dont les objectifs de réduction fixés sont jugés irréaliste par une bonne part de la profession.