Dans une déclaration adressée le 28 février au vice-président exécutif de la Commission européenne, Frans Timmermans, quelque soixante-dix ONG européennes (WWF, les Amis de la Terre, Ifoam…) se disent, une nouvelle fois, profondément préoccupées par le manque d’ambition de la proposition sur l’utilisation durable des produits phytosanitaires que la Commission européenne prévoit de présenter le 23 mars. Dans un projet de texte qui a déjà pu filtrer, la Commission européenne prévoit de transformer la directive européenne actuelle en un règlement afin d’uniformiser son application dans l’UE. Les objectifs de réduction de 50 % de l’utilisation et du risque des pesticides deviendraient juridiquement contraignants au niveau de l’UE mais pas pour les États membres qui devraient, eux, se fixer leurs propres objectifs de réduction dans des plans nationaux.
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Insuffisants pour les ONG qui jugent que de nombreux autres éléments de la proposition sont inquiétants et n’apportent aucune amélioration, voire sont au-dessous des exigences de la réglementation en place. Les organisations signataires de cette déclaration proposent donc une dizaine d’améliorations à apporter. La première : fixer des objectifs de réduction réellement ambitieux et juridiquement contraignants, tant au niveau européen que national, en ce qui concerne l’utilisation et les risques des pesticides synthétiques, et interdire immédiatement l’utilisation des pesticides les plus dangereux. Elles souhaitent également exclure les incitations à l’agriculture de précision et aux techniques de génie génétique, et demandent de prévoir des zones tampons obligatoires autour des habitations, écoles ou cours d’eau. Enfin, elles appellent à promouvoir l’application obligatoire de la lutte intégrée contre les ravageurs, de l’agriculture biologique, et de désigner une part suffisante de la surface agricole sous des caractéristiques paysagères à haute biodiversité. Et la définition de la lutte intégrée doit être, selon elles, renforcée en établissant une hiérarchie entre les pratiques allant du moins perturbateur pour les agrosystèmes, au plus perturbateur, « les pesticides synthétiques n’étant utilisés qu’en tout dernier recours ».