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Philippe Delecroix, président et fondateur : « PHD Agro vise les 27 à 30 M€ de chiffre d’affaires d’ici à trois ans »

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Le groupe PHD Croissance de Philippe Delecroix trouve son origine dans la fabrication de pâtes fraîches et de lasagnes avec la société Fraisnor, créée en 1988 à Feuchy (Pas-de-Calais), avant de rapidement se développer dans la grande distribution et la RHD. En 1999, cet autodidacte fils de commerçants indépendants décide de revendre Fraisnor au fonds anglo-saxon Perkins, alors que la PME réalise 12,2 M€ de chiffre d’affaires et compte 110 salariés. Après un break, Philippe Delecroix relance, en 2005, une activité de fabrications de pizzas, Som’Baker, à Rancourt (Somme). "Après dix exercices, dont neuf positifs" (CA 2015 : 28 M€), Som’Baker est revendue à la Financière Turenne Lafayette (1). Hors le Golf d’Arras dont il est propriétaire, le groupe PHD Croissance, basé depuis 2010 à Roisel (Somme), compte aujourd’hui trois sociétés : Som’Exo, spécialiste des chips de crevettes et à base de poissons (depuis 2003), PHM Production, spécialiste des chips de pommes de terre et légumes bio (depuis 2015) et enfin PHD Agro, spécialisée dans la fabrication de ravioles fourrées avec plusieurs innovations à la clef. Entretien exclusif avec Philippe Delecroix, discret président fondateur de PHD Croissance.

En quoi consiste votre nouveau projet industriel PHD Agro ?

Philippe Delecroix : Je travaille depuis presque cinq ans avec une équipe très resserrée chargée de la R & D à la création de nouvelles ravioles. Car il faut bien constater que c’est un marché où il n’y a pas d’innovation et de nombreux défauts et inconvénients. Parmi ces derniers, on peut citer l’absence d’homogénéité entre l’enveloppe de pâte et la farce après cuisson, car la pâte double de volume et la farce a tendance à la faire éclater, ce qui crée inévitablement des poches d’eau très préjudiciables à la dégustation. Et le client a bien du mal à savoir visuellement quels ingrédients composent les farces. Et ne pas savoir ce que l’on mange est devenu rédhibitoire pour un nombre croissant de consommateurs. Bref, il y a moyen de faire bien mieux et c’est ce que vont proposer PHD Agro et sa future marque Autentic' Pasta d’ici au deuxième trimestre 2021.

Quelles sont les principales innovations de vos futures ravioles ?

Sans révéler des secrets de fabrication qui sont protégés, après plusieurs mois de R & D, les retours des panels de consommateurs et l’écoute des attentes de nos clients distributeurs et de la RHD, nous avons créé et nous maîtrisons un procédé d’élaboration et de garnissage des farces avec des ingrédients coupés et non plus hachés ou mixés, ce qui garantit notamment plus de consistance et une meilleure mâche en bouche. Ainsi les ingrédients sont perceptibles par le consommateur même à travers l’enveloppe des pâtes. En outre, nous avons réussi à trouver un système d’assemblage et de collage des bords de la pâte qui permet de résister à la cuisson et d’éviter tout éclatement et altération gustative des ravioles. Enfin, fraîches ou surgelées, elles se réchauffent en quelques secondes au micro-onde. Nous voulons bousculer et réveiller ce marché, avec des produits frais et plutôt positionnés haut de gamme, élaborés à partir de vraies recettes cuisinées et sans conservateur.

Où en sont la production et la commercialisation ?

J’ai racheté à la Communauté urbaine d’Arras un site de 10 000 m2 et un bâtiment de 1 000 m2 sur la zone d’Artoispôle au sud-est de l’agglomération. Le site entrera en activité en mars 2021 avec une trentaine de salariés, que nous sommes en train de recruter, pour une capacité de production que je ne souhaite pas dévoiler pour l’instant. Nous commercialiserons nos ravioles fraîches et surgelées sous la marque Autentic’Pasta dans la plupart des grandes enseignes alimentaires. Nos ravioles seront aussi proposées aux enseignes de la RHD, sans doute sous une autre marque, c’est encore à définir. Nous proposerons six recettes différentes en offre conventionnelle, composées à partir de bœuf, saumon, poulet, fromage et légumes, et trois supplémentaires pour le rayon bio dont la labellisation est en cours.

Quel est le montant de l’investissement et comment est-il financé ?

L’investissement total s’élève à 5,8 M€. Il est assuré pour 2,5 M€ par des emprunts bancaires, pour 1,5 M€ par nos fonds propres et via des fonds d’investissement régionaux (Finorpa, Nord Création (300 k€) et Nord France Amorçage), par BPI France (1 M€) et par des subventions de l’Etat (455 k€) dans le cadre de France Relance et de la Région Hauts-de-France (345 k€).

Quelles sont vos ambitions ?

Compte tenu de nos trente ans d’expérience dans les pâtes fraîches, de leur pénétration réussie dans les linéaires de la grande distribution et de l’innovation de nos futures ravioles sur un marché qui en compte très peu, nous visons raisonnablement les 27 à 30 M€ d’activité d’ici à trois ans avec une équipe de production de 70 salariés. En sachant que nous nous développerons conjointement dans les GMS alimentaires et la restauration hors domicile, l’objectif des débouchés dans cette dernière devrait représenter un tiers de nos ventes totales. Actuellement, le cœur du marché des ravioles se situe entre 10 et 15 € le kilo prix de vente consommateur, les MDD se positionnant aux alentours de 6€. Nous visons environ 13€ le kilo, ce qui est très bien placé compte tenu des atouts et des innovations de nos produits.

Depuis la Covid-19, comment a évolué l’activité de vos filiales Som’Exo et PHM Production, spécialistes respectivement des chips de poissons, et des chips de pommes de terre et de légumes ?

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Nous avons évidemment dû réorganiser la production des deux unités de production qui sont basées sur le même site de Roisel (Somme) et qui mobilisent vingt collaborateurs. Mais il n’y a pas eu de fléchissement de notre activité, bien au contraire nos ventes consolidées ont progressé de plus de 12 % lors de notre dernier exercice clos en mars dernier à 9 M€.

et de la découverte de plus de 200 M€ de fausses factures, la FTL et en premier lieu Mazars, son ancien cabinet conseil et conseiller aux comptes, ainsi que l’un de ses anciens associés font l’objet, depuis mars 2019, de poursuites judiciaires pour escroquerie et complicité d’escroquerie engagées par PHD Croissance pour défaut de paiement au moment de la vente de Som’Baker.

 

Focus sur PHD Croissance (activités agroalimentaires, hors Golf d’Arras)

• CA consolidé 2020 (clos en mars) : 9 M€ (+12,5 % versus 2019)

dont Som’Exo (chips de crevettes et de poissons) et PHM Production (chips de pommes de terre et de légumes bio) dont les chiffres d’affaires respectifs ne sont pas communiqués

• 20 salariés

• Le capital de PHD Croissance est entièrement familial, détenu à hauteur de 80 % par Philippe Delecroix, de 15 % par son père Christian Delecroix et de 5 % par son frère Christian Delecroix.

Pâtes fraîches facies : un taux de pénétration de 53,8 %

Selon Kantar Worldpanel, le marché des pâtes fraîches farcies (incluant raviolis et ravioles) a gagné en attractivité ces deux dernières années en circuits généralistes avec un taux de pénétration de 53,8 % de foyers acheteurs au CAM P11 2020 contre 53 % au CAM P11 2018. Ce marché est visité environ tous les deux mois (5,1 actes d’achat par an en 2020) avec une fréquence restée relativement stable (5 actes en moyenne en 2018), tout comme la taille des paniers (environ 400 g par acte, depuis 2018). La croissance de ce marché est due principalement au développement du e-commerce (+3,1 % de pénétration vs 2018) et dans les enseignes à dominante marque propre (Lidl, Aldi, etc.).