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Boulangerie-Pâtisserie/Innovation Pidy met les bouchées doubles pour innover

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La pâtisserie familiale d’Ypres (Belgique) est devenue en l’espace de 45 ans le leader mondial de la pâte feuilletée prête à garnir. Cette PME franco-belge se distingue par sa capacité d’innovation et sa présence sur tous les segments de marché. Depuis 6 ans, elle a renforcé la mise en rayon de nouveaux produits. Une façon de résister à la concentration du secteur où la guerre des prix fait rage. Mais comme tous ses concurrents, elle doit affronter le « yoyo » des cours des matières premières et la guerre des prix menée par la GMS. Toujours à la recherche de nouveaux marchés et de nouveaux concepts, elle vient de présenter sa toute dernière innovation : les fruity cups.

Pidy, PME franco-belge et « leader mondial dans la fabrication de bouchées et de mini-bouchées à base de pâte feuilletée » » vient de présenter le 15 septembre dernier sa toute dernière innovation. Il s’agit des « fruity cups », un nouveau concept de « formes de 3cm de diamètre prêtes à garnir » à base de pâtes et composées au minimum de 30% de fruits (fraise, orange, fruits des bois et bananes).
Cette nouvelle gamme a exigé 9 mois de mise au point, pour atténuer notamment l’acidité naturelle des fruits et combattre une oxydation trop rapide du produit. Elle vient compléter les veggies cups, élaborés à base de légumes. « Nous utilisons une matière première naturelle sans aucun colorant », précise à ce propos le responsable R&D. Leur lancement intervient peu de temps avant l’ouverture du Sial où l’entreprise doit présenter ses « veggie cups » sur l’espace innovation.
« Depuis 6 ans, nous avons accéléré la sortie de nouveaux produits », explique Thierry Dehaeck, président de cette PME familiale. « Ils représentent 40 à 50 de nos 250 références du catalogue et permettent de faire progresser notre chiffre d’affaires », rajoute-t-il.
 
Présent dans 52 pays
Pour Pidy, cette innovation permanente permet de booster son développement à l’étranger. La PME est présente dans 52 pays. « Nous prospectons dans tous les pays où le pain fait partie intégrante de la culture culinaire », explique Stéphane Debels, directeur commercial France. Une façon pour cette PME, qui a décidé d’attaquer le marché allemand depuis 3 ans, de se démarquer de ses concurrents.
Présent sur l’ensemble des segments de marché avec ses trois marques phares (Pidy Gourmet, Chef Laurent et Trois Toques), l’entreprise s’était faite remarquer lors du lancement de la spoonette, un produit pour lequel elle avait reçu le prix spécial du jury « tendance et innovations » au Sial 2008.
Pidy en produit aujourd’hui quelque 2 millions d’unités/an. La PME est en effet très bien placée dans le secteur « événementiel », un environnement « snacking » où l’on exige rapidité et efficacité et qui est destiné à se développer fortement.
 
Investir dans l’automatisation
Pour les dirigeants de l’entreprise, l’innovation est en effet le seul moyen de continuer à exister dans une filière qui subit de plein fouet le yoyo du cours des matières premières (Pidy utilise chaque année quelque 450 tonnes de beurre, 2000t de margarine et 4000t de farine) et qui doit faire face à une compétition entre opérateurs devenue de plus en plus acharnée (voir encadré).
L’entreprise est également prise en étau entre ses fournisseurs de matières premières et une GMS, qui ne veut entendre parler de hausse des tarifs, et doit faire face en Belgique à une indexation des salaires.
Pour la première fois l’an passé, elle a clôturé un exercice déficitaire ce qui a obligé la PME à « faire des coupes sombres dans ses différents postes ».
« Nous sommes allés voir nos clients de la GMS avec des hausses de tarifs pour le 1er janvier 2012. Tous ont accepté sauf un », souligne Thierry Dehaeck qui n’en a pour autant pas abandonné la modernisation de ses sites de production. Il vient d’investir 1,5M€ sur deux ans pour l’automatisation de ses deux lignes de fabrication de pâtes feuilletées implantées à Ypres. « Nous avons encore à investir dans le secteur conditionnement-emballage », reconnaît-il toutefois.
 
Trois unités de production
L’histoire de Pidy a débuté dans les années 1950, époque à laquelle André Dehaeck, père de Thierry, mettait au point des bouchées à base de pâte feuilletée dans sa pâtisserie implantée sur la grand place d’Ypres (Belgique). Devant le succès grandissant de ses produits, il créait une première unité de 900 m2 en 1967 dans cette ville de Flandre Occidentale où son fils Thierry le rejoint en 1972.
Les deux industriels arriveront en France en 1985, puis s’implanteront à Halluin (59) ainsi qu’aux USA en 1991.
Aujourd’hui Pidy, dont les bouchées prêtes à garnir constituent le produit phare de l’entreprise (100 millions de pièces/an), dispose de trois unités de production (30 000m2 ainsi qu’un stockage de 10 000 palettes).
Le groupe réalise un chiffre d’affaires de 34 M€ dont 26% réalisés en France et emploie 250 salariés sur l’ensemble des 3 sites.

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