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Sénat Placer l’appui à l’export agroalimentaire sous l’égide d’Ubifrance

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La politique d’appui à l’export agroalimentaire doit être placée sous l’égide d’Ubifrance, au lieu d’être assumée par des organismes en concurrence tels Ubifrance, Sopexa, les chambres de commerce et d’industrie (CCI), les régions. C’est ce que recommande la commission des finances du Sénat, dans un rapport présenté à la presse le 17 juillet. Pour le président de Sopexa, Jean-Michel Lemétayer, ce serait « une erreur de ne pas reconnaître Sopexa comme le référent de l’export agroalimentaire ».

La commission des finances du Sénat, composée de sénateurs de tendances politiques diverses, s’est exprimée le 17 juillet lors d’une conférence de presse pour proposer une politique d’appui à l’export agroalimentaire moins dispersée mais plus régionalisée, évitant les doublons entre les différents organismes, et qui soit placée sous l’égide d’un seul opérateur, Ubifrance. Ce rapport a été rédigé par les sénateurs Yannick Botrel (PS, Côtes d’Armor), Joël Bourdin (UMP, Eure) André Ferrand (UMP, Français établis hors de France) et Christian Bourquin (RDSE – Rassemblement démocratique et social européen –, Pyrénées Orientales).
 
Ubifrance labelliserait les actions de délégation de service public
Selon ce schéma, l’établissement public Ubifrance serait l’opérateur de référence, bras de l’État pour organiser la politique de soutien aux exportations. Ubifrance labelliserait les actions de délégation de service public de Sopexa, de FranceAgriMer, des chambres de commerce et d’industrie, des régions.
Sous la houlette d’Ubifrance, le partage des tâches serait ainsi réparti : à FranceAgriMer la structuration des filières pour l’export, à Sopexa le marketing et la promotion, aux CCI le maillage international et aux régions les actions de mise en avant des marques régionales avec l’appui de la Banque publique d’investissement (BPI) et de la Coface (assurance-crédit).
Les quatre sénateurs proposent des recommandations « pour une réforme ambitieuse » du dispositif public de soutien aux exportations agroalimentarires : simplifier les procédures de certification sanitaires et vétérinaires, mobiliser FranceAgriMer pour tourner davantage l’amont des filières vers l’international, préparer la fin de la délégation de service public à Sopexa en 2017, associer au développement de la Marque France la gastronomie française, fixer comme objectif au nouveau dispositif la promotion de l’agroalimentaire français à l’exposition universelle de Milan en 2015.
 
Trouver un échelon « lisible »
Les sénateurs suggèrent de développer les structures déconcentrées de l’État, à travers les implantations régionales de la BPI, et d’intégrer dans la communication nationale les marques régionales, « qui sont des marqueurs de qualité et d’attractivité ». « Le dispositif public actuel est illisible. Il faut des interlocuteurs régionaux capables d’orienter une PME vers l’export. Or, une région est lisible pour une PME », a commenté Christian Bourquin. Pour lui, le développement des marques régionales peut s’articuler avec la future Marque France : « Chacun son travail. C’est à l’échelon national de régler les problèmes de droit, mais une fois le sillon ouvert, place aux savoir-faire régionaux ».
Les sénateurs ont dénoncé la situation actuelle : « L’absence de stratégie commune ne semble ni garantir une utilisation optimale des crédits budgétaires, ni assurer une visibilité et une attractivité efficace de l’offre française ».

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