Près d’un an après le lancement du plan Blé dur, au Salon de l’agriculture 2024, la filière a élaboré plusieurs projets pour relancer la production, que Frédéric Gond, président du comité de pilotage blé dur, détaille pour Agra Presse : « Nous souhaitons que les deux obtenteurs, RAGT Semences et Florimond Desprez, développent un panel de solutions génétiques, pour répondre à des besoins en termes de changements climatiques, de décarbonation, d’adaptation aux besoins des industriels mais aussi de diversification des territoires, pour pouvoir notamment produire du blé dur plus au nord. » Pour décarboner la production, l’interprofession souhaite améliorer sa compréhension de l’absorption de l’azote par le blé dur. « Aujourd’hui, la quantité de protéines est au cœur de la génétique, pointe Frédéric Gond. Demain, nous espérons que ce sera la qualité de la protéine, ce qui nous permettra de réduire l’azote, en conservant la qualité gustative, de cuisson et de tenue de la pâte. » L’interprofession planche aussi sur la création d’outils de sécurisation pour les agriculteurs : « Il existe des assurances couvrant la perte quantitative de blé dur, mais pas la dégradation qualitative, qui est le problème majeur en blé dur », explique Frédéric Gond.
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Autre outil de sécurisation, la contractualisation. Si elle est répandue entre organismes stockeurs et industriels, elle reste encore trop rare entre les OS et les agriculteurs. La filière vise une contractualisation tripartite de 15 %. Dernier projet défendu par l’interprofession, une communication orientée vers les agriculteurs et les consommateurs. Le budget global du projet, de 43 M€, devrait provenir des ministères pour 11 M€, mais aussi d’Arvalis, des obtenteurs, des royalties payés par les agriculteurs. Les syndicats des industriels contribuent également, à hauteur de 750 000 €. Déposés auprès de la DGPE (ministère de l’Agriculture) et la DGPR (Environnement), les projets devront également être validés par un comité scientifique pour bénéficier des financements publics.