Ce n’est que début janvier que des mesures pourraient être annoncées pour la filière viticole en crise. C’est ce qui ressort de la rencontre entre le ministre de l’Agriculture Dominique Bussereau, son secrétaire d’État Nicolas Forissier et la filière viticole le 14 décembre. « Cette réunion a été une première prise de contact : des réponses seront apportées à la prochaine rencontre qui est prévue à la mi-janvier », espère Denis Verdier, président de l’Onivins (Office du vin).
«Nous attendons avec impatience la réunion de janvier et souhaitons du concret notamment sur des aides à la trésorerie pour l’ensemble des agriculteurs en difficulté », a souligné Jean-Michel Lemétayer, président de la FNSEA. Pour le président des Jeunes agriculteurs (JA), Bernard Layre, qui regrette que des mesures n’aient pu être annoncées immédiatement, il est important que des dispositions particulières pour les jeunes viticulteurs installés depuis seulement quelques années puissent être prises en compte. Jean-Michel Lemétayer plaide également pour « une communication positive sur le vin en associant plaisir de la table et santé publique ». « Il est nécessaire d’aborder autrement la communication sur le vin », a-t-il ajouté. Dominique Bussereau insisté sur la bonne réputation de cette filière : « Il n’y a pas si longtemps, les exportations de cognac rapportaient plus que les Airbus», a-t-il conclu.
Des mesures conjoncturelles prévues
Des « mesures conjoncturelles » seront annoncées « rapidement » pour les viticulteurs en difficulté par le ministre de l’Agriculture Dominique Bussereau, précise un communiqué du ministère de l’Agriculture. Ces mesures seront adoptées selon les dispositifs d’aide existants tels le régime « agriculteurs en difficulté », le Fonds d’allégement des charges (FAC), et l’aide à la préretraite.
Des aides à la trésorerie pourront également être envisagées pour les exploitants les plus menacés et en priorité pour les jeunes agriculteurs.
Un expert pour le Conseil de la Modération
La discussion entre le ministre et les viticulteurs a également tourné autour des conclusions du « Livre Blanc » remis il y a quelques mois au Premier ministre. Les parlementaires qui l’avaient rédigé ont d’ailleurs participé à la table ronde. En ligne de mire figure la création du « Conseil de la Modération » demandée par les professionnels en lieu et place d’une politique de blocage de la communication sur les vins. Dominique Bussereau a annoncé la prochaine désignation d’une personnalité chargée d’élaborer pour le mois de janvier 2005 des propositions sur la composition, la mission et le mode de fonctionnement de ce conseil.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Accord pour des vins de pays de Bourgogne ou Bordeaux
Autre engagement important pris par le gouvernement via Dominique Bussereau : ce sera le ministre de l’Agriculture qui conduira les débats de janvier au Sénat sur la publicité viticole et non le ministre de la Santé Philippe Douste-Blazy. On sait celui-ci très favorable, en effet, à des restrictions drastiques sur la promotion des vins. Enfin, Dominique Bussereau a confirmé son accord sur le projet de réorganisation de l’offre viticole française – notamment par la possibilité pour certaines AOC de Bordeaux et de Bourgogne de vendre leurs productions comme vin de pays. Il a encouragé les professionnels à établir et à présenter, dès le début de l’année 2005, les modalités de mise en œuvre de cette organisation par bassin de production.
Se mettre « vite au travail »
Dans un communiqué commun, la filière viticole (FNSEA, JA, CCVF, Cnaoc, CFVDP et VIF) exhorte le ministre à se mettre « vite » au travail. Pour les professionnels, « les pouvoirs du conseil de la modération restent flous ». « Quant à l’amendement technique sur la loi Evin, le ministre a signalé qu’un accord intelligent devait pouvoir être trouvé avec son homologue de la Santé ». « Une déception en janvier (...) risquerait de faire descendre dans la rue des viticulteurs en plus grand nombre », conclut le communiqué. Pour la Coordination rurale, le ministre qui « a le bénéfice de la nouveauté » devra « donc impérativement démontrer qu’il a bien mesuré l’ampleur de la crise », souligne François Lucas, président de la Coordination rurale.