Alors que le prochain Plan loup est attendu cette année, les éleveurs seraient en passe d’obtenir la simplification des tirs de défense contre le prédateur, selon la FNO (producteurs d’ovins, FNSEA). Une annonce faite lors des Assises de la prédation, les 1er et 2 à juin à Chorges (Hautes-Alpes).
Dans le cadre du prochain Plan loup, la simplification des tirs de défense est en passe d’être « acquise », indique Claude Font, élu référent sur le dossier pour la FNO (éleveurs d’ovins, FNSEA) à Agra Presse le 2 juin. Cette annonce a été faite par Jean-Paul Celet, préfet référent sur la politique du loup, lors des Assises de la prédation organisées par le Caf loup. Tous les arbitrages du Plan loup « ne sont pas faits », prévient toutefois le préfet, cité par l’AFP, alors qu’un nouvel arrêté est attendu dans les prochains mois. Le Caf loup souhaite fusionner les actuels tirs de défense simple et de défense renforcée, donnant accès – pour les éleveurs ayant mis en place des mesures de protection – à des tirs pratiqués par cinq tireurs (avec lunette de visée nocturne), dès la première prédation et avec une validité de cinq ans. Si le principe semble acquis, « le diable se cache dans les détails », prévient Claude Font, car « le nombre de tireurs n’est pas garanti ». La demande des professionnels vise la « réactivité » et l’« efficacité », précise l’élu. Et cet éleveur de Haute-Loire de rappeler qu’aujourd’hui les producteurs doivent subir trois attaques en douze mois avant d’accéder aux tirs de défense renforcée (dix tireurs).
Absence « mal perçue » de Bérangère Couillard
Organisées les 1er et 2 juin à Chorges (Hautes-Alpes), les Assises de la prédation ont rassemblé des éleveurs de 53 départements. Invitée pour conclure les travaux, la secrétaire d’État à l’Écologie Bérangère Couillard n’a pas fait le déplacement. Une absence « mal perçue », déplore Claude Font. Hormis l’intervention (en visio) de Marc Fesneau, un autre invité a été particulièrement remarqué : il s’agissait de Jean-David Abel, responsable loup chez France Nature environnement (FNE).
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La perspective d’une simplification des tirs ne fait pas l’unanimité. « Des études ont montré que [les tirs], risquant de déstructurer les meutes, menaient souvent à plus d’attaques, soit l’effet inverse de celui escompté », rétorquent une vingtaine d’associations de protection animale dans un communiqué du 7 juin. Selon les ONG, « de nombreuses mesures alternatives à ces tirs sont susceptibles d’être mises en place et ont fait leurs preuves dans bien des territoires » : surveillance des troupeaux, clôtures, chiens de protection, colliers anti-loups, etc. Et d’appeler les pouvoirs publics à « subventionner certaines de ces mesures de manière plus préventive et systématique pour tous les types d’élevage ».
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« Renforcement des moyens de protection »
Comme l’a indiqué le préfet Jean-Paul Celet dans les Hautes-Alpes, « ce qui se dessine, c’est bien le renforcement des moyens de protection ». « Le deuxième pilier de la Pac finance les filets et les chiens de protection », rappelle Claude Font. Mais l’élu de la FNO reconnaît une « grosse interrogation sur les volumes financiers » : « Une enveloppe de 35 M€ est prévue dans la Pac 2023-2027, contre 32 à 33 M€ dans la précédente programmation. Nous demandons un budget supplémentaire, hors Pac, car on sera vite à saturation. » Au-delà des mesures de protection elles-mêmes, le Caf Loup veut une aide pour financer la main-d’œuvre nécessaire à leur mise en place. Là aussi à partir d’un budget hors Pac, afin d’éviter de « prendre sur une autre mesure » de la politique agricole.
Plus largement, le Caf Loup demande au gouvernement « un véritable plan de régulation du loup ». Une orientation écartée par le préfet Jean-Paul Celet lors des Assises de la prédation. « Force est de constater qu’en 2022 et début 2023, la prédation continue d’augmenter », a-t-il toutefois reconnu. Avec 12 000 animaux indemnisables en 2022, le nombre de victimes du loup a progressé de 12 % en un an. « Le plan loup 2018/2023 en voie d’achèvement est un échec grave pour le maintien des activités d’élevage, pour le bien-être des éleveurs et de leurs troupeaux, malgré toutes les mesures de protection mises en place », déplorent les organisations agricoles. Lors du dernier comptage de juin 2022, l’Hexagone comptait 921 loups. Soit presque le double du seuil de viabilité de l’espèce prévu par le Plan loup. L’annonce du prochain comptage est prévue pour début juillet.