Dans son bilan des objectifs fixés à l'agriculture par les politiques de Planification écologique, le Secrétariat général éponyme constate que les résultats ne sont alignés que sur une seule thématique : la méthanisation.
« Qu'est devenu la planification ? Que sont devenus nos objectifs de décarbonation ? Et notre stratégie sur l'énergie ? Et le Conseil national de la refondation, ça a donné quoi déjà ? », a tonné Arnaud Rousseau lors de l'assemblée générale de la FNSEA à Caen le 2 avril. Le Secrétariat général à la planification écologique (SGPE) a le sens du timing. Alors que le président de la FNSEA critiquait, devant un public conquis, le manque de consistance du gouvernement, citant la Planification écologique au titre de ses «stratégies nationales qui tournent court», le SGPE publiait, le même jour, son exercice annuel de «revue de planification écologique».
Dans ce document réalisé au second semestre 2025, et publié le 2 avril, le SGPE constate que les progrès du secteur agricole français ne sont pas bien alignés sur une majorité des objectifs fixés par le gouvernement. Sur les douze principaux thèmes traités, l'agriculture accuse un «écart significatif» pour trois d'entre eux (couverts végétaux, bio/HVE, légumineuses), et est «en risque» pour sept autres (engrais azotés, émissions des bâtiments et machines, pesticides, gestion de l'eau, haies, régimes alimentaires, souveraineté/résilience). L'agriculture est «en ligne» dans un seul domaine, la méthanisation. Et il est en avance sur l'«élevage durable», mais à cause d'une «décapitalisation trop rapide du cheptel bovin et non par l’amélioration des pratiques d’élevage.»
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Stagnation des légumineuses
Dans le domaine des légumineuses, le SGPE constate que les surfaces ont certes «doublé depuis le lancement du plan protéines végétales 2014-2020, mais stagnent depuis quatre ans autour de 1 Mha (+2% sur 2020-2024), loin de l’objectif de 2,7 Mha à 2030». La progression actuelle est principalement tirée par les légumineuses fourragères mais ce chiffrage ne prend pas en compte les couverts végétaux, qui «représentent un levier significatif d’introduction des légumineuses dans les rotations », avec environ 950 kha de couverts intégrant des légumineuses déclarés en 2019. Et même retard sur les couverts végétaux, pour lesquels l'objectif est atteindre environ 8,5 Mha à 2050 et 4,8Mha en 2030, contre environ 3 Mha aujourd’hui. Enfin sur la bio, le SGPE souligne que sa part dans la SAU plafonne autour de 10% contre un objectif de 21% à 2030 et 25% à 2050 visé par la SNBC et le Plan Ambition Bio 2027.
MR