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Financement Pleurette veut doubler sa production de champignons en 2018

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Start-up lilloise de l'économie circulaire, Pleurette cultive des champignons à partir de substrats issus du marc de café et des drêches brassicoles. Elle lance une opération de crowdfunding pour accélérer son développement.

Créée à Lille en 2014 par Jürgen Engerisser et Gabrielle Radoux, Pleurette est une start-up de l'économie bleue spécialisée dans la culture de champignons sur substrats issus du marc de café et depuis peu des drêches brassicoles. Au commencement, elle a proposé des kits de culture de pleurotes pour les particuliers et a rapidement envisagé de développer une production de champignons frais à destination des grossistes, des maraîchers, des enseignes alimentaires (grande distribution, coopérative et indépendants) et de la restauration. "En 2015, nous avons démarché ces clients potentiels et préparé le montage financier pour la création d'une unité de production dans le MIN de Lomme en recyclant et transformant d'anciens conteneurs maritimes en champignonnières entièrement automatisées pour la culture de pleurotes gris, jaunes et roses", explique Jürgen Engerisser. Grâce à un prêt de 100 000 euros du Crédit Coopératif, Pleurette a pu investir 120 000 € dans l'achat, la transformation et l'installation de 4 conteneurs dont les premières récoltes de champignons sont sorties en octobre 2016.

Partenariat avec Les 3 Brasseurs

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Parallèlement, la start-up (6 salariés aujourd'hui) est entrée en contact avec la commune de Fâches-Thumesnil pour exploiter des catiches, ces anciennes carrières souterraines d'exploitation de craie, qui se prêtent particulièrement bien à la myciculture. "Nous y développons actuellement la culture de shiitake, de pleurotes du peuplier et du panicaut (eryngii) en utilisant 16 tonnes de substrats par semaine issus du recyclage du marc de café mais aussi de drêches brassicoles grâce au partenariat que nous venons de conclure avec cinq établissements de la chaîne Les 3 Brasseurs situés dans la métropole lilloise", poursuit-il. Le projet est résolument vertueux car il permet de recycler et de valoriser des déchets (marc de café et drêches) issus de restaurants locaux pour cultiver des champignons qui leur seront pour partie revendus et utilisés dans leurs cuisines. "Nous soutenons ce projet innovant car jusqu'à présent nous n'avions pas trouvé de filière structurée de valorisation de nos drêches de bières. Rien que pour nos 5 restaurants lillois, nous pouvons désormais fournir 2,5 à 3 tonnes par semaine", se réjouit Eric Demoncheaux, président des 3 Brasseurs.

Mais Pleurette veut aller plus loin et espère doubler, dès 2018, sa production (1 tonne de pleurotes et 500 kg de shiitake par semaine) et son chiffre d'affaires à 550 000 € escomptés. Sur le dernier exercice clos fin 2017, d'une durée exceptionnelle de 18 mois, la start-up prévoit de réaliser un chiffre d'affaires de 330 000 €. Pour relever ce pari, elle vient de lancer une campagne de crowfunding sur la plate-forme Katana Reward avec l'objectif de recueillir 30 000 € d'ici au 31 décembre. "Si elle réussit, cette levée de fonds pourrait être abondée par des subventions issues du programme européen Horizon 2020 qui soutient les projets innovants", souligne Jürgen Engerisser. Tout juste lauréate 2018 du Réseau Entreprendre Nord, Pleurette ambitionne aussi de co-concevoir avec les élèves ingénieurs des Arts Métiers de Lille et Néo Eco, agence d'ingénierie spécialisée dans l'économie circulaire basée à Hallennes-lez-Haubourdin, de nouveaux conteneurs dédiés à la myciculture deux fois moins chers que les quatre premiers qu'elle exploite déjà.