Les agriculteurs vont devoir encore renforcer leur « performance économique et environnementale » pour justifier les soutiens que leur apporte l’UE. Des soutiens, qui, au demeurant, après 2020, seront au mieux maintenus, plus vraisemblablement réduits. Car, avertit Bruxelles, le budget de l’Union devra non seulement apporter de plus en plus de la « valeur ajoutée » – pour « les consommateurs et la nature » dans le cas de la caisse agricole – mais aussi faire face aux nouveaux défis, les migrations notamment. Et également se passer de la contribution nette du Royaume-Uni, soit 10,2 milliards € par an, dont quelque 3 Mrd € pour la Pac, selon une étude destinée à alimenter la réflexion de la commission de l’agriculture du Parlement européen sur les conséquences du Brexit. Les gros contributeurs que sont par exemple l’Allemagne et les Pays-Bas vont-ils accepter de combler le trou de 3 Mrd ? Les dépenses annuelles de la Pac vont-elles être réduites d’autant ? Ou même d’un montant supérieur, ce qui pourrait tenter ces mêmes contributeurs ? La baisse de ces dépenses serait-elle alors concentrée sur le premier pilier de la Pac pour sauvegarder la politique de développement rural, la France et l’Espagne étant alors les grandes perdantes ? Les négociations à Vingt-sept s’annoncent donc particulièrement difficiles, encore plus que d’habitude, tant pour fixer le futur cadre financier de l’Union que pour, ensuite, modeler la prochaine réforme de la Pac. Une réforme qu’il faudra sans doute, selon les auteurs de l’étude, reporter bien après 2020, compte tenu des liens entre ces dossiers et de leur complexité.
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