« Dévastée » par le gel. C’est le terme employé par le président du syndicat de l’abricot des Baronnies Franck Bec pour qualifier l’impact de la nuit du 25 mars sur la zone de production d’abricot des Baronnies, située entre 400 et 700 m d’altitude dans le sud de la Drôme. Quinze jours après l’épisode de « gelée noire », Franck Bec estime que 10 000 t d’abricots ont été perdues sur une production annuelle de 15 000 t. « Sur une centaine de producteurs, 90 % sont touchés », précise-t-il. Avec des dégâts dus au gel qui s’enchaînent d’année en année depuis 2017, les professionnels de la filière se demandent ce que l’avenir leur réserve. « Est-ce que le temps est vraiment déréglé ? Est-ce que ça va revenir à la normale après un épisode catastrophique pendant ces quatre ans ? Est-ce qu’on va avoir des excès en sécheresse, en pluie ou en gel ? », s’interroge Franck Bec. « On n’a pas eu une nuit de gel de tout l’hiver et là, on se prend une nuit de gel entre -4 et -5°c ». Fort heureusement les exploitations en monoculture d’abricots sont « rares », selon le président du syndicat. La plupart des producteurs comptent sur la viticulture, l’oléiculture ou la production de lavande et/ou lavandin pour assurer leurs arrières. Cependant, dans le cadre d’une démarche d’obtention d’IGP « entamée il y a quatre ans », certains ont investi « pas loin de 30 à 40 000 € par hectare » dans la recherche variétale, le renouvellement des vergers, l’installation de systèmes d’irrigation et de filets paragrêle indique Frank Bec : « On n’en a pas le retour économique puisque ça fait quatre ans qu’on est embêtés par le gel ». Habituellement indemnisés au titre du régime des calamités agricoles, les producteurs doutent d’être pris en considération cette année « vu la situation économique de la France » malmenée par le coronavirus, explique Franck Bec. Quant à l’assurance climatique, peu d’arboriculteurs y ont souscrit car « tellement coûteuse ». « Il va falloir que les gens puissent s’assurer, ça faire partie des discussions de l’année pour trouver une nouvelle donne. » Des échanges à ce sujet ont été entamés le 12 février au sein d’un groupe de travail dédié mis en place par le ministère de l’Agriculture.
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« Il va falloir que les gens puissent s’assurer »