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Viticulture Plusieurs milliers de viticulteurs ont manifesté dans le Sud

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Plusieurs milliers de viticulteurs venus des départements viticoles du Sud et au-delà, ont défilé à Montpellier le 25 novembre pour crier leur « angoisse » face à la crise qui touche leur secteur depuis plusieurs années, et pour réclamer des aides au gouvernement. Le ministre a exhorté les viticulteurs à accroître leurs efforts à l’exportation.

«Depuis 2004, la viticulture traverse la crise la plus terrible de son histoire », a déclaré Philippe Vergnes, le président du Syndicat des vignerons du Midi, organisateur de la manifestation. « Les vignerons sont dans le désarroi le plus total, nous sommes ruinés mais nous sommes encore debout », a t-il ajouté
Devant l’estrade plantée au coeur de l’esplanade, est placé un cercueil où est disposée une couronne mortuaire : « Ci-gît le dernier vigneron », peut-on lire sur une plaque symbolique. Tout autour, une foule d’hommes et de femmes venus des six départements où le syndicat compte des adhérents – Aude, Hérault, Gard, Pyrénées-Orientales, Drôme et Vaucluse – mais aussi du Beaujolais ou du Bordelais. On reconnaît également dans la foule des maires, des conseillers municipaux ceints de leurs écharpes, des députés ou sénateurs de toutes tendances politiques. Des pancartes proclament « Viticulture ruinée » et « On veut vivre de notre métier ».
La situation dépeinte par Philippe Vergnes est difficile : endettement des entreprises viticoles, vins vendus à des cours très bas, récoltes faibles et charges en augmentation.
« Aujourd’hui, les vignerons doivent de l’argent partout : à la mutualité sociale agricole, aux banques et aux fournisseurs », a-t-il commenté, avant que le cortège ne s’ébranle.
Selon lui, les viticulteurs perdent environ 1 000 euros par hectare et par an. Il a pointé la chute spectaculaire des revenus entre 2008 et 2007 :-88% dans l’Aude, -76% dans le Gard, -85% dans l’Hérault, des chiffres confirmés par Agreste.

Le syndicat demande « 15 centimes par bouteille »
Devant « l’urgence » de la situation, il faut donc « des réponses appropriées et immédiates », a lancé Philippe Vergnes, s’adressant au président de la République dont les récentes mesures en faveur de l’agriculture « ne sont plus adaptées ». Et de réclamer que les vignerons puissent bénéficier des « aides à l’hectare » (Droits à paiement unique, NDLR) attribuées dans le cadre de la Politique agricole commune.
Pour lui, il est également indispensable que la grande distribution partage les marges. Philippe Vergnes a exigé qu’elle « lâche 15 centimes par bouteille », au bénéfice des viticulteurs.
Parmi les revendications du Syndicat des vignerons du Midi figurent également le dégrèvement des taxes foncières, un allègement des cotisations sociales, et des mesures concernant l’assurance maladie. Des dispositions en partie prises dans le plan en faveur de la viticulture présenté le 18 novembre par Bruno Le Maire. Le gouvernement n’entend d’ailleurs rien ajouter aux engagements déjà pris le 18 novembre car il les juge importants dans le contexte budgétaire actuel, a-t-on fait savoir au cabinet du ministre. Le 26 novembre, au lendemain de la manifestation, le ministre de l’Agriculture a encouragé les viticulteurs du Languedoc à conquérir de nouveaux marchés à l’exportation. Il a également plaidé pour « qu’il n’y ait plus qu’une seule organisation viticole pour le Languedoc d’ici quelques semaines » car « il n’y a pas un seul instant à perdre pour essayer de mieux vendre (…) nos produits à l’étranger ».

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