Le gouvernement voulait absolument faire signer à l’interprofession laitière, avant les élections européennes, un accord sur le prix du lait. C’est réussi. On a presque l’impression que le ministre de l’Agriculture, qui n’a pas ménagé son énergie à ce sujet, a tenu la main des négociateurs.

Pourtant, peut-être la pression a-t-elle été trop forte pour un accord qui se situe nettement en deçà du prix que la fédération des producteurs annonçait être prête à accepter.

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Pour le gouvernement lui-même, le dispositif risque de faire boomerang. Bon nombre d’éleveurs peuvent être tentés de penser qu’il leur faudra renoncer à pas mal d’euros sur leurs bulletins de paie au nom de ces élections. De là à prôner une abstention ou un vote anti-majorité, il n’y a pas loin. Le résultat, du coup, peut finalement être contraire à l’objectif recherché par le pouvoir. Quant à l’impact d’un tel accord auprès du grand public et de son attitude dans l’isoloir, il aura été sans doute nul.

Pour le syndicalisme agricole majoritaire, le résultat n’est sans doute pas favorable non plus. Là encore, bon nombre d’éleveurs risquent d’être déçus de voir que leurs représentants ont cédé à la pression du politique dans un accord en principe privé. C’est en quelque sorte de la cogestion à l’envers, qui n’aurait pas été problématique si le résultat avait été plus favorable. En tout cas, l’accord va être difficile à faire passer dans les campagnes, d’autant plus difficile que la mobilisation et les manifestations ont été intenses ces derniers jours. Peut-être eût-il été plus politique, tant pour les syndicats que pour le gouvernement, d’attendre un peu plus pour que les points de vue se rapprochent sans pression extérieure.