La portée du plan d’action révisé pour les pollinisateurs, adopté au mois de janvier, dépendra largement de la mise en œuvre des propositions de règlement sur la restauration de la nature et sur l’utilisation durable des pesticides, admet la Commission européenne. Mais ces deux textes actuellement en discussion au Parlement européen et au Conseil de l’UE sont largement malmenés. Lors de la présentation du plan pollinisateurs devant la commission de l’Environnement du Parlement européen le 6 mars, plusieurs députés (principalement des groupes Social-démocrate et Vert) ont fait part de leurs craintes que les objectifs du plan ne soient pas atteints du fait de l’opposition d’États membres et de plusieurs groupes politiques du Parlement aux objectifs proposés de réduction d’utilisation des pesticides et de restauration de la nature. En effet, au nom de la protection de la sécurité alimentaire de l’UE, le groupe Démocrate-chrétien (centre droit) notamment demande le report de la mise en place des mesures jugées préjudiciables à la compétitivité de l’agriculture européenne.
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Mais au-delà de ces règlements, d’autres dispositions sont en préparation à la Commission européenne. L’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) doit finaliser au printemps en vue d’une publication au mois de juin ses lignes directrices sur l’évaluation de risques pour les abeilles liés à l’utilisation de pesticides. Des lignes directrices qui devront ensuite être validées par les États membres. Lorsque ce sera le cas, l’Efsa sera aussi chargée de se pencher sur le cas des autres pollinisateurs (papillons…). Autre travail en cours : la mise à jour des indicateurs de risque harmonisé (HRI) sur les pesticides. Un an après que le règlement sur l’utilisation durable des pesticides aura été finalisé, une consultation publique puis une évaluation de 18 mois sera lancée. La Commission européenne espère alors être en mesure de présenter en 2030 un nouveau plan pollinisateur.