En congrès, Geoffroy d’Evry, président de l’UNPT, a demandé aux négoces français d'harmoniser leurs règles de contrôle qualité concernant les pommes de terre. Il prône le rapprochement entre les deux interprofessions de la filière
Dans son discours prononcé le 29 janvier lors du 20e congrès de l’UNPT (pomme de terre, FNSEA) à Arras, son président Geoffroy d’Evry a fait part de sa volonté « de réouvrir cette année le dossier de la réception normalisée » au CNIPT, l'interprofession de la pomme de terre fraîche. Pour rappel, il s’agit d’harmoniser une grille de référence utilisée pour l’agréage, soit le contrôle qualité des pommes de terre fraîches lors de leur réception par les opérateurs/négoces. Dans la pratique, tous les opérateurs français n’appliquent pas forcément les mêmes règles, et certains se montrent plus sévères, refusant davantage de marchandises. « Nous attendons de certains opérateurs français qu’ils se mettent très rapidement dans les clous de la réglementation interprofessionnelle pour leurs contrats 2026 », a renchéri le président de l’UNPT.
Cette déclaration intervient dans un environnement de marché de la pomme de terre déprimé, en raison, entre autres, d’une offre dépassant la demande, comme l’a rappelé plusieurs fois le syndicat ces derniers mois. Les relations se sont d’ailleurs tendues avec certains industriels français et belges en 2025. « Des engagements précontractuels ont été revus au printemps, et dans certains cas, des contrats pourtant signés ont été remis en cause, au motif que certains acteurs de l’aval devaient s’adapter à " l’évolution du marché " », a rappelé Geoffroy d’Evry.
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Crise conjoncturelle
Ce dernier croit néanmoins en l’avenir de la filière pomme de terre, pour qui la crise actuelle des prix anormalement bas et les relations tendues avec les industrielles tiennent plutôt d’un « désaxement conjoncturel » que d’une crise structurelle. Le poids des réglementations françaises voire européennes, de plus en plus coûteuses et complexes, n’arrange rien, a-t-il ajouté. Néanmoins, il reconnaît un besoin de simplification du côté de la filière française également. Ainsi, il prône le rapprochement entre les deux interprofessions de la filière : le CNIPT et le GIPT (pomme de terre transformée). « Nous appelons […] au choc de simplification à longueur d’année. Mais comment ne pas nous interroger nous-mêmes, sur nos structures, avec un minimum de lucidité, sur la cohérence d’une filière organisée autour de ces deux interprofessions alors que les équilibres de filière – frais, industrie – se mélangent et se confondent de plus en plus ? », a-t-il déclaré. Avant d’ajouter que « sans nier la spécificité de chacune de nos productions, je suis profondément convaincu qu’une grande maison interprofessionnelle commune de la pomme de terre serait un facteur de lisibilité, de cohérence et de force collective ».
KC