Des industriels belges ont imposé aux producteurs français une réduction de leurs engagements de tonnages initiaux, alerte l’UNPT. Le syndicat pousse pour accélérer la structuration en filière, et le soutien de l’État.
Dans un communiqué du 5 mars, l’UNPT (producteurs de pomme de terre, FNSEA) dénonce « une stratégie de pression sur les engagements contractuels, actuels et futurs, se traduisant aujourd’hui par une révision unilatérale des volumes imposée par un opérateur belge majeur et en cascade toutes les structures qui lui sont liées ». L’opérateur en question et déclencheur de cette opération est Clarebout, détenteur de l’usine de frites surgelées à Dunkerque, notamment destinées à l’export et à la MDD (marque de distributeur).
Plus en détail, Clarebout, suivi par d’autres industriels, ont annoncé ces derniers jours aux producteurs français détenir un surplus d’offre contractualisée pour la campagne commerciale 2025-2026, dû à un excès d’intention de plantation. En conséquence, il a été imposé une « réduction unilatérale » de leurs engagements de tonnages initiaux de 10 à 20 %, dénonce l’organisation dans le communiqué, alors même que les contrats d’engagements ont été signés par les producteurs ces derniers mois. L’UNPT s’interroge sur les causes de cette situation : « S’agit-il d’un simple manque d’anticipation ou d’une volonté délibérée de déséquilibrer le marché afin d’exercer une pression à la baisse sur les conditions d’achat des producteurs ? ».
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Un timing très problématique
Autre problématique : le timing imposé. Les agriculteurs français ont déjà acheté leurs plants, et les travaux de plantations sont imminents. L’UNPT rapporte qu’il a certes été offert la possibilité aux producteurs de réduire leurs assolements. Mais il s’agit d’une générosité de surface, d’après l’organisation de producteurs. « Les plans d’assolement sont déjà bouclés », rappelle-t-elle. Sachant que les autres solutions de productions ne sont pas légion : maïs, orge de printemps… des cultures à plus faible rentabilité, particulièrement en ce moment. Pour le syndicat, l’approche des industriels vise à « optimiser tous les leviers de surproduction », en anticipant une récolte abondante. Cette dernière alimentera largement le marché libre, avec un impact potentiel sur l’équilibre entre l’offre et la demande, et donc sur les prix.
Le marché de l’export de frites surgelées s’avère très concurrentiel, où chaque euro compte. Ce genre de pratique pourrait donc se reproduire à l’avenir. Selon l’UNPT, cette situation est le résultat d’un manque de dialogue entre industriels belges et producteurs français. L’organisation hexagonale réclame le soutien des pouvoirs publics, qui doit aider à instaurer « un cadre de concertation structuré entre producteurs et industriels, dans l’esprit des accords interprofessionnels », et s’assurer du respect des lois EGAlim.