Le groupe Innatis est placé en procédure de sauvegarde depuis la mi-octobre, en raison des difficultés de son pôle du Val-de-Loire. Le numéro deux français de la pomme cherche à vendre des actifs (immeubles industriels, vergers) et à réorienter son offre.
Le groupe familial angevin Innatis, numéro deux français de la pomme derrière le groupe coopératif Blue Whale, est engagé, depuis le 15 octobre, dans une procédure de sauvegarde pour restructurer son pôle historique du Val-de-Loire (40 millions d’euros de chiffre d’affaires), dont Pomanjou, a confirmé à Agra Presse son président Marc Rauffet. « Nous sommes dans une situation de restructuration financière d’une des pôles de la société, celle du Val-de-Loire, incluant Pomanjou, avec une vente d’actifs destinée à redessiner la dette d’Innatis », explique le dirigeant. La société est composée de quatre pôles : Pomanjou est l’activité historique du groupe, axée autour de la pomme ; Cardell (pomme) dans la région d’Avignon ; le Domaine des Coteaux (pêches, nectarines) autour de Nimes ; et Pominter, une petite activité de négoce entre Montauban et Avignon.
Pour renégocier sa dette auprès des opérateurs bancaires, le groupe travaille sur un plan de sauvegarde qui inclut des ventes d’actifs dans le Val-de-Loire. Deux scénarios sont à l’étude : la vente d’immeubles industriels dans le Maine-et-Loire ; ou la cession d’activités agricoles (vergers). Innatis produit elle-même 50 % des pommes qu’elle commercialise.
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Trop haut de gamme
Les raisons des déboires d’Innatis : « Des choix économiques et des difficultés de retour sur investissement », explique Marc Rauffet. L’endettement de la société s’est accru récemment depuis que Pomanjou a investi 30 millions d’euros dans un site de stockage et d’expédition high-tech, « équipé d’installations de hautes performances et économes en énergie », et qui a été inauguré en 2025. « Le choix de l’investissement a été fait avant le Covid, nous avons pris du retard dans l’implantation, et la période actuelle est très bataillée sur le marché de la pomme », détaille le président.
Pour Marc Rauffet, les difficultés ne tiennent pas seulement à cet investissement et sont « multifactorielles". Pour son dirigeant, le positionnement haut de gamme de ce pôle, spécialiste des variétés « club » (Zingy, Honey Crunch), est remis en cause, dans un contexte de marché qui pèse sur le pouvoir d’achat : « Après le Covid, nous avons été contraints de renégocier des prix sur des pommes haut de gamme. Nous voulons être en capacité de produire moins cher des pommes demandant moins de valorisation, c’est là que se situe le marché. » La sortie de période de sauvegarde est prévue dans environ six mois. « Notre réflexion est de nous recentrer sur les besoins du marché, avec des perspectives prometteuses par le redéploiement dans le kiwi grâce à notre licence Kikoka », résume Marc Rauffet.