Avec l’ouverture prochaine de trois nouvelles usines, le GIPT s’est réjoui de la réindustrialisation de la filière pomme de terre en France. Malgré l’expansion des capacités de production, il alerte sur la difficulté à trouver des producteurs, en raison notamment de la baisse des plants.
À l’occasion de l’assemblée générale de l’interprofession de la pomme de terre GIPT (produits transformés) le 15 décembre, son président Arnaud Delacour s’est félicité de « la réindustrialisation tant attendue de la filière », avec la construction de trois nouvelles usines – Clarebout, Agristo et Ecofrost – en France, principalement dans le segment des frites surgelées. Pour l’heure, près de deux tiers des pommes de terre plantées en France sont transformées, mais la moitié seulement en France, rappelle le GIPT. En janvier, l’usine de Clarebout de Dunkerque entrera en pleine production, avec jusqu’à 500 000 tonnes de pommes de terre traitées. « D’ici sept ans, nous devrions doubler la capacité de production française de produits finis à base de pommes de terre », souligne Bertrand Ouillon, délégué général du GIPT, à Agra Presse. Malgré cette « très bonne nouvelle », M. Delacour alerte sur l’importance que « les conditions de production permettent à de nouveaux producteurs de s’engager ».
Une « forte baisse » des plants
« Il faut qu’on puisse rémunérer l’ensemble des acteurs de la chaîne pour alimenter les usines », précise M. Ouillon. Et de prévenir de l’augmentation des prix produits agroalimentaires, en raison notamment d’une moindre disponibilité des plants liée à « la disparition de molécules », mais également « des contrats d’industrie qui ont pris jusqu’à 50 % en deux ans ». En novembre, la Fedepom (négociants en pommes de terre) s’était d’ailleurs inquiétée de la « forte baisse » de l’offre en plants de pommes de terre certifiés pour la campagne 2023-2024. En cause, une baisse des surfaces de plants en France, qui sont passées de 23 500 ha en 2022 à 21 000 ha en 2023, soit une baisse de 11 %. Aussi, le GIPT a-t-il indiqué qu’il veillerait à ce que ses engagements en matière de durabilité et de réglementation ne conduisent pas les producteurs à « un risque non maîtrisable ». « Sinon, comme nous le constaterons dès cette année pour les plants, c’est notre souveraineté alimentaire qui ne sera plus garantie », a soutenu Arnaud Delacour.
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Le président du GIPT appelle par ailleurs au maintien du secteur féculier en tant que « pilier » de la production française de pommes de terre. « Je ne peux que souhaiter une reprise progressive de la production pour l’usine Roquette de Vecquemont », a-t-il confié. Après la fermeture de l’usine d’Haussimont en 2022, il s’agit de la dernière féculerie de France, dont la capacité est d’environ un million de tonnes, soit l’équivalent de 20 000 hectares.