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Porc : à défaut de mesures de marché, un « groupe de réflexion » européen

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Depuis plusieurs mois déjà, la Commission européenne refuse d’intervenir sur le marché européen du porc ou d’accorder des aides d’urgence aux producteurs du secteur, estimant que ces mesures seraient inutiles. Pour, quand même, répondre aux inquiétudes des États membres, le commissaire européen à l’Agriculture a annoncé le 21 février la mise en place d’un groupe de réflexion (réunissant autorités nationales et professionnelles) pour avancer sur des mesures structurelles.

Estimant, une nouvelle fois, qu’il ne serait pas judicieux de proposer des mesures de marché ou des aides d’urgence au secteur porcin en pleine crise, le commissaire européen à l’Agriculture a, par contre, annoncé le 21 février lors de la réunion des ministres de l’Agriculture de l’UE à Bruxelles, la mise en place d'un groupe de réflexion européen « afin d’examiner l’avenir du secteur ». « Il s’agirait, a précisé Janusz Wojciechowski, d’une série de réunions conjointes entre vos ministères, d’une part, et les acteurs de la chaîne d’approvisionnement, d’autre part. La Commission souhaite avoir une vision approfondie de tous les aspects du secteur, en particulier de son avenir à la lumière de la stratégie De la ferme à la table. Aucun domaine ne doit être ignoré, en particulier ceux qui sont les plus sensibles ». Les domaines que le commissaire propose d’explorer sont : la dépendance excessive du secteur à l’égard des exportations vers des marchés de pays tiers instables, la dépendance à l’égard des importations massives de soja et de maïs, la concentration du secteur dans des exploitations de plus en plus grandes, et l’impact de la peste porcine africaine sur la structure du secteur.

Une reprise en cours

Depuis des mois, Conseil agricole après Conseil agricole, les États membres demandent des outils de régulation ou des aides directes que, systématiquement, le commissaire européen refuse de mettre en place en promettant des jours meilleurs. « Les prix du porc ont commencé à augmenter en novembre et atteignent maintenant des niveaux comparables à ceux de l’année dernière. Quant aux prix des porcelets, ils continuent d’augmenter, mais à un rythme lent », a-t-il encore indiqué le 21 février.

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Lire aussi : Porc : la Commission européenne préfère des mesures structurelles

La Pologne, avec le soutien de la Hongrie et de la Lettonie, demandait pourtant à Bruxelles une aide exceptionnelle pour les producteurs de porcs, dont le volume serait déterminé en fonction de « la part des petites et moyennes exploitations porcines qui sont les plus exposées à l’arrêt de la production ». La Pologne soulignait dans un document préparé pour l’occasion que le nombre de petites et moyennes exploitations porcines dans le pays a diminué de 50 % au cours des cinq dernières années. Une demande repoussée une fois de plus par le commissaire européen : « Vous savez tous qu’une mesure urgente en 2022 devrait, de manière réaliste, être financée par la réserve de crise agricole (de 497,3 millions d’euros). Mais ce montant ne pourrait pas être remboursé aux agriculteurs en 2023. Au final, ce sont les agriculteurs qui financeraient la mesure ».

Pour faire patienter les États membres, Janusz Wojciechowski a donc fini par concéder la mise sur pied d’un groupe de réflexion européen.