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Porc : la filière veut une définition collective du « sans antibiotiques »

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L’interprofession porcine veut mettre de l’ordre dans les étiquetages des produits estampillés "sans antibiotique", aux côtés des pouvoirs publics.

Lancée en 2013 par la Cooperl, suivie depuis par d’autres groupes de producteurs comme Cap 50, l'allégation « sans antibiotiques » connaît un vrai succès dans les supermarchés, notamment avec le jambon. Cette mention est déjà présente sur 3,2 % des produits à base de porc selon l’interprofession porcine. Pour l’instant, ce développement s’est fait sans grande concertation entre les entreprises et sans encadrement spécifique – contrairement à l’agriculture biologique par exemple qui bénéficie d’un cahier des charges public.

Cette liberté se manifeste d’abord dans les étals, par l’existence de plusieurs allégations : "alimentation sans antibiotiques", "élevé sans antibiotiques avant sevrage" ou "dès la naissance". Quitte à perdre le consommateur, se demande aujourd’hui l’interprofession porcine (Inaporc) qui souhaiterait y mettre de l’ordre. « Nous aurons un débat pour parvenir à une définition collective, dans un souci de compréhension du consommateur et de loyauté de l’information », explique le directeur d’Inaporc, Didier Delzescaux.

Un décret de la DGCCRF dans les tiroirs

L’initiative de l’interprofession fait également suite à des velléités d’encadrement par les pouvoirs publics. En 2015, alertée par la Commission européenne qui voyait la mention d’un mauvais œil, la direction générale de la consommation (DGCCRF) avait travaillé sur un décret d’encadrement avec les autorités sanitaires (DGAL, Anses) et les professionnels, que ce soit pour le porc ou le poulet, également concernés. Les travaux de la DGCCRF visaient par exemple à harmoniser les indicateurs de performance, qui diffèrent entre chaque entreprise, rapporte l’Ifip qui a participé aux travaux.

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La batterie d’indicateurs sur laquelle ont planché les autorités sanitaires sert par exemple à définir quels élevages pourraient être éligibles à cette mention, explique Anne Hémonic, vétérinaire à l’institut technique du porc (Ifip), qui faisait partie du groupe de travail.

« Éviter de traiter beaucoup les truies »

Plusieurs indicateurs ont été travaillés : l’indice d’exposition aux antibiotiques à l’échelle d’un élevage, le taux de mortalité dans l’élevage ou le pourcentage d’animaux traités aux antibiotiques. « L’idée, c’est par exemple d’éviter que l’on traite beaucoup les truies aux antibiotiques dans le but d’avoir à moins traiter leurs porcelets », explique Anne Hémonic. L’enjeu de l’encadrement est de préserver le progrès général que peut apporter cet étiquetage dans l’usage des antibiotiques, sans nuire au bien-être des animaux.

« Nous aurons un débat pour parvenir à une définition collective, dans un souci de compréhension du consommateur »