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Porc : le sans-antibio de Brocéliande en pleine croissance

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Le groupe Cooperl continue de progresser dans sa stratégie de montée en gamme. Il s’attend à une progression de 30 % du chiffre d’affaires de sa marque « sans antibiotiques dès la naissance » Brocéliande, et débute au printemps la commercialisation d’un segment « sans pesticides et sans nitrites ». Il va par ailleurs lancer 200 à 300 éleveurs dans l’aventure de la HVE.

Leader et pionnier sur le marché du porc sans antibiotique, la marque Brocéliande du groupe breton Cooperl s’attend à une croissance de 30 % de son chiffre d’affaires sur l’année 2021, ont annoncé ses dirigeants le 19 mai lors d’une conférence de presse. Le groupe revendique par ailleurs « un très bon résultat en 2020, nous pensons redistribuer environ 1,5 euro par porc aux adhérents », s’est félicité son président Patrice Drillet, qui demande toutefois aux grandes surfaces d'« accepter de payer le prix juste » des efforts accomplis par la Cooperl, en sortant certains de ses produits « du carcan du prix européen ».

C’est la Cooperl qui a lancé la première un porc « sans antibiotique » sur le marché français, en 2014. Il était alors pratiqué à partir du sevrage. Aujourd’hui, ce segment de marché représente 3 % des ventes de charcuterie en libre-service, assure-t-on chez Cooperl. Se côtoient dans les linéaires deux types de sans antibiotique : « dès la naissance » ou « à partir du sevrage ».

Au sein de Cooperl, ce sont deux cents éleveurs qui le pratiquent « dès la naissance » (depuis 2018), et qui alimentent la marque Brocéliande. Au total, huit cents le pratiquent « dès la naissance ou à partir du sevrage », qui servent notamment la marque Madrange ou des produits de marque de distributeurs. Le groupe compte sur une poursuite de la croissance, puisque à horizon 2021, il vise 50 % de ses éleveurs pratiquant le sans antibiotique (sur un total d’environ 2 700 adhérents).

Un produit « sans équivalent »

Cette allégation « sans antibiotique » a été largement permise par l’arrêt progressif de la castration, engagé il y a une dizaine d’années au sein de la coopérative. Pionnier français en la matière, Cooperl compte 85 % de ses éleveurs pratiquant le mâle entier. La plupart des 15 % restants sont des éleveurs en Label rouge et en bio, deux cahiers des charges qui ne permettant pas – pour l’instant – l’arrêt de la castration, regrette Patrice Drillet.

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Techniquement, le groupe semble donc avoir bouclé ce chantier. « À l’exception de 2 à 3 % des éleveurs qui ont des marchés très spécifiques, tous nos éleveurs pourraient être en mâle entier », assure Patrice Drillet. « Nous considérons désormais que ce sujet est derrière nous », étaye Thierry du Tilleul, responsable marketing du groupe. Reste la valorisation à améliorer en rayons.

Place à d’autres chantiers donc. Poursuivant la montée en gamme de Brocéliande, Cooperl a lancé au printemps une nouvelle gamme de viande de porcs nourris avec des aliments cultivés sans pesticides, et transformée sans nitrites. Un produit « sans équivalent » sur le marché, assure Thierry du Tilleul, et qui représente déjà 10 % des volumes de la marque. Pour ce faire, le groupe produit actuellement 800 hectares de céréales sans pesticides. Il en vise 10 000 hectares en 2025, qui pourront alimenter d’autres types d’élevages, comme la volaille, en fonction de la demande en porc.

« Une marche tous les deux ans »

Lors de ce point presse, les dirigeants ont rappelé l’importance de la montée en gamme dans la stratégie du groupe. « Brocéliande reste une petite marque challenger sur le marché, elle doit conserver une longueur d’avance pour acheter sa place dans les rayons », explique Thierry du Tilleul, responsable marketing du groupe. La stratégie affichée du groupe, c’est aussi pousser quelques pionniers à innover, et faire profiter le plus grand nombre de leurs références techniques. Ils n’étaient que quarante éleveurs à s’être lancés initialement dans le sans antibiotique. Dans la même veine, deux cents à trois cents éleveurs se sont engagés à tenter de se faire certifier Haute valeur environnementale (HVE) – dix le sont déjà en 2021.

Qu’il soit en porc standard ou déjà en « sans antibiotique », « nous pensons qu’un agriculteur doit franchir une marche tous les deux ans. Et nous les accompagnons dans ces efforts », a conclu Patrice Drillet, qui se félicite d’une « bonne ambiance » au sein de la coopérative. « On répond aux attentes de la société, on est avance sur certains groupes, et surtout on ne subit pas. Nous sommes très fiers du travail accompli depuis dix ans. »