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Porc : les esprits s’échauffent dans l’abattage-découpe

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Dans un contexte de marché en pleine dégradation, le groupe Cooperl conteste en justice la reconduction récente du président de l’interprofession. Le syndicat des abattoirs Culture Viande a d’ailleurs envoyé un message très vif au reste de la filière.

Dans un contexte de marché en pleine dégradation, le groupe Cooperl conteste en justice la reconduction récente du président de l’interprofession. Le syndicat des abattoirs Culture Viande a d’ailleurs envoyé un message très vif au reste de la filière.

Dans un contexte de marché tendu par l’arrêt des exportations danoises et allemandes vers la Chine, le groupe coopératif Cooperl a engagé, il y a une quinzaine de jours, une procédure judiciaire pour contester la reconduction récente de Guillaume Roué à la tête de l’interprofession porcine (Inaporc), confirme ce dernier à Agra Presse le 24 novembre. Cette élection, qui a eu lieu le 28 septembre, « à trente-deux voix contre cinq », n’avait pas permis de respecter le principe d’alternance « amont-aval » à la tête de l’interprofession, inscrit dans les statuts, rapporte Guillaume Roué, représentant de l’amont. C’est ce que contesterait la Cooperl (aval) – le groupe n’a pas répondu à notre sollicitation.

La procédure « ne me choque pas, assure Guillaume Roué. Il y a des éléments statutaires à interpréter, que le tribunal devra examiner ». Toujours selon le président d’Inaporc, la Cooperl avait présenté, le 28 septembre, un candidat (Bernard Rouxel) au nom de la coopération (aval). Dès le lendemain des résultats du vote, la Cooperl avait signifié à l’interprofession qu’elle n’assurerait plus la collecte des cotisations de l’interprofession, et qu’elle en retirait ses administrateurs au titre de la Coopération et de Culture viande. Selon Guillaume Roué, la Cooperl avait déjà réalisé un « boycott » de ce type il y a treize ans.

« Le rose sied mieux au porc que le vert »

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Quinze jours plus tard, les entreprises d’abattage-découpe de Culture Viande ont d’ailleurs adressé un message vif par un communiqué de presse le 24 novembre, aux autres membres de la filière porcine française. « Le rose sied mieux au porc que le vert », « les groupements de producteurs et le syndicalisme amont (…) n’ont pas changé de millénaire », y lit-on notamment.

En résumé, les abatteurs s’alarment d’abord de la conjoncture, constatant que le prix du porc approche « à grande vitesse » du seuil de 1 €/kg (1,23€/kg actuellement, contre 1,70€/kg il y a un an), et que les salaisonniers « ont tendance à privilégier le prix à l’origine ». Dans un deuxième temps, ils souhaiteraient voir les élevages évoluer plus rapidement sur le bien-être animal et la biosécurité, observant notamment la progression de la peste porcine africaine (PPA) en Allemagne. Enfin, ils estiment, comme ce fut le cas lors de la dernière crise porcine, que le marché du porc breton (MPB) est de moins en moins représentatif, que sa grille de classement des carcasses est « ringarde », et ne valorise pas les critères de qualité prisés par les salaisonniers et les distributeurs.

Le même jour, dans un communiqué à la tonalité beaucoup plus sobre, la section porcine de la Coopération agricole appelait « résolument les transformateurs et la grande distribution à se tourner vers Le Porc Français. »

sure plus la collecte des cotisations interprofessionnelles