Confrontée à des prix bas et aux exigences sociétales nouvelles, l’Union des groupements de producteurs de viande de Bretagne (UGPVB) cherche à gagner en compétitivité et à se moderniser, via des associations d’organisations de producteurs (AOP) pour ses filières. En porc, le chantier pourrait aboutir d’ici fin 2019, tandis qu'il débute seulement en pondeuses.
Forte de vingt-huit groupements dans trois sections (bovin, porc, œufs), l’UGPVB a commémoré ses cinquante ans en 2018. Si ses dirigeants ont forcément rappelé, lors de l’assemblée générale de l’Union, le 7 décembre à Rennes, les dates les plus marquantes de l’histoire de cette structure collective en charge de la qualité, du sanitaire, de l’environnement, etc., ils se sont surtout projetés vers le futur. Et ce futur revêt la forme de l’association d’organisations de producteurs (AOP). Des discussions doivent prochainement avoir lieu entre les responsables des groupements pondeuses. En porc, le travail paraît plus avancé entre les dix groupements bretons (5 700 élevages, 58 % de la production française). Le président de l’UGPVB, Michel Bloc’h, espère qu’il puisse aboutir dans la seconde partie de l’année 2019.
Pour l’Union, une AOP porcine aurait la capacité de dégager des animaux à l’exportation en période d’excédents pour soulager le marché. Elle instillerait une discipline collective entre les groupements adhérents pour qu’ils présentent davantage d’animaux au Marché du porc breton (MPB) qu’aujourd’hui, dans le but de soutenir plus fermement le prix. Depuis la crise de 2015, le marché de Plérin ne fixe plus les cotations du porc en France qu’à partir de 30 000 animaux présentés à la vente par semaine contre le double auparavant. « J’ai pris l’initiative de faire organiser, début 2019, en concertation avec le MPB et en lien avec un expert du commerce, des travaux des réflexions sur les aspects fondamentaux de la mise en marché », a indiqué Michel Bloc’h. Mais une AOP n’aurait pas qu’un rôle économique.
Accéder à des fonds sectoriels
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Cette AOP ouvrirait aussi la possibilité d’accéder à des fonds sectoriels débouclés par la Commission européenne dans le cadre de la Politique agricole commune pour les producteurs de viande. L’UGPVB y voit un intérêt considérable pour renforcer la compétitivité des élevages de ses trois filières (porc, bovin, pondeuses). Michel Bloc’h cite « la modernisation des élevages et la numérisation de nos activités », « l’attractivité des métiers », « les économies d’énergie et la production d’énergie renouvelable », « l’excellence sanitaire avec des axes de progrès en biosécurité », « la bientraitance animale », etc.
Ce dossier européen fera forcément l’objet d’un arbitrage à Paris. Aussi Michel Bloc’h demande-t-il dès à présent aux responsables des groupements de « rédiger leurs propositions pour contribuer à la rédaction du plan stratégique ». Aux yeux de Christophe Hamon, lobbyiste de Breizh Europe, association des intérêts agricoles bretons à Bruxelles, ces fonds sectoriels auraient d’autant plus de poids s’ils étaient définis en Bretagne entre les différentes filières agricoles. « Si vous parvenez à définir une stratégie territoriale, vous aurez un tapis rouge sous vos productions pour les cinquante prochaines années », a-t-il dit.
« Si vous parvenez à définir une stratégie territoriale, vous aurez un tapis rouge pour les 50 prochaines années »