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Porc : S. Le Foll soutient le regroupement des OP

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Après que des manifestations ont éclaté dans les Côtes-d’Armor, organisées par la FDSEA et les JA, le ministre de l’Agriculture n’a pas répondu à la principale demande des éleveurs, "faute de base légale", l’étiquetage obligatoire de l’origine des viandes dans les produits transformés, mais il en a soutenu quelques-unes, celles notamment qui incombent à la filière porcine.

Lors d’une conférence de presse organisée à Paris le 21 janvier, suite aux manifestations de producteurs de porcs en Bretagne (voir encadré), le ministre de l’Agriculture a appuyé la demande, portée à la fois par la Fédération nationale porcine (FNP) et le mouvement des bonnets roses (collectif Sauvons l’élevage français) de regrouper les organisations (ou groupements) de producteurs de porcs en Bretagne, par exemple au travers d’une plateforme de commercialisation. Ces rapprochements permettraient, selon leurs promoteurs, de mieux défendre la cause des producteurs face aux acheteurs (Bigard, Kermené, Abera…). Stéphane Le Foll a également rappelé qu’il était favorable à la mise en place d’un fonds géré par l’interprofession (Inaporc), à destination des éleveurs. Une première proposition de l’Inaporc a été faite aux distributeurs en octobre dernier, qui a été refusée par les distributeurs, mais les discussions se poursuivent.

Pas d’arrêté sur l’étiquetage

En revanche, Stéphane Le Foll a rappelé qu’il n’avait pas de « base légale » pour imposer, en France seulement, l’étiquetage obligatoire de l’origine des viandes dans les produits transformés. « Même si je le faisais, un industriel pourrait me demander sur quelle base légale », affirme le ministre. Après avoir porté cette mesure à Bruxelles, suite au scandale de la viande de cheval en 2013, et essuyé un refus de certains pays, notamment l’Allemagne, dont les porcs sont souvent nés au Danemark, Stéphane Le Foll s’est résolu depuis à n’appuyer que la démarche franco-française et volontaire Viandes de France. Enfin, le ministre a pointé du doigt le faible engagement des industriels français dans le stockage privé, financé par l’Union européenne, qu’il a contribué à mettre en place. Selon un relevé publié le 18 janvier par la Commission européenne, les industriels français n’ont participé qu’à hauteur de 2,7 % des demandes d’aide au stockage privé de la viande porcine au cours des deux premières semaines d’application. Tandis que les principaux concurrents européens de la France ont contribué à concurrence de 23,4 % en Allemagne, 22,9 % en Espagne et 14,8 % au Danemark. « Si nous n’utilisons pas cette mesure, l’excédent d’offre va se poursuivre », a lancé Stéphane Le Foll.

Bretagne : les agriculteurs, délogés de la N12, veulent continuer leurs actions

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Côtes-d'Armor
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Une semaine après la manifestation des Bonnets roses, la FDSEA des Côtes-d’Armor a pris le relai. Les éleveurs bretons ont bloqué la RN12 qui relie Brest et Rennes à partir du 20 janvier, avant d’être délogés par les forces de l’ordre, le 21 janvier au matin. Ils restent déterminés à continuer leurs actions, a indiqué la FDSEA des Côtes-d’Armor. « On va continuer, si on nous déloge on va sur un autre endroit, il faut qu’on nous entende », a expliqué Didier Lucas, président de la Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles, qui a appelé à cette mobilisation avec les Jeunes agriculteurs. L’évacuation peu avant 8 heures de la cinquantaine d’éleveurs présents sur la RN12 s’est déroulée dans le calme. En fin de matinée, les éleveurs ont commencé à se séparer pour continuer leurs actions vers Guingamp et Lamballe, à l’ouest et à l’est de Saint-Brieuc. Ils réclamaient notamment la venue de Manuel Valls. Dans une tribune du même jour, Thierry Coué, président de la FRSEA de Bretagne, réclame « un levier immédiat en faveur de l’agriculture française » avec une série de cinq mesures : étiquetage obligatoire de l’origine des viandes sur les produits transformés, baisse des cotisations sociales, extension du CICE aux agriculteurs individuels, fonds de soutien, bonne application de la clause de renégociation entre producteurs, transformateurs et distributeurs.

Porc : les Bonnets roses mettent la pression sur l’union des groupements

Le collectif Sauvons l’élevage français (SEF) demande, dans un communiqué le 20 janvier, un rendez-vous rapide avec le président et le directeur de l’Union des groupements (UGPVB), avec qui ils souhaitent aborder la question de la « massification de l’offre », leur souhait de « restructurer l’organisation de la production » en créant une OP (organisation de producteurs), qui regrouperait les groupements existants. « Sans réponses concrètes, menace le SEF, nous demanderons la suspension des cotisations et leur démission ». Créé fin décembre, le SEF qui revendique 2 000 adhésions, défend notamment l’idée que « la massification de l’offre permettra de créer un réel rapport de forces entre l’abattage et la production ».