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Porté par le succès de ses FOS dans l'alimentation, Tereos va se lancer sur le marché de la cosmétique

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Réacteurs enzymatiques pour la production de FOS sur le site Tereos de Chevrières (Oise). Crédits : © Michel Blossier pour Tereos

La coopérative sucrière Tereos veut mieux valoriser les FOS qu’elle produit à partir du sucre de betterave. Déjà présent sur le marché de l’alimentation humaine, infantile et animale, Tereos va désormais positionner cet ingrédient dans le domaine de la cosmétique intéressé par sa capacité à restaurer l’équilibre du microbiote de la peau.    

Si le sucre et l’alcool sont les ingrédients les plus souvent extraits de la betterave, les fructo-oligosaccharides (FOS), fibres alimentaires prébiotiques solubles, sont bien moins connues. Et pourtant, depuis une vingtaine d’années, Tereos extrait cet ingrédient du sucre issu des betteraves, grâce à une co-entreprise avec le fabricant japonais d’enzymes Meiji, nommée Beghin-Meiji.

La fabrication des FOS se fait sur le site de la sucrerie de Chevrières (Oise), où le groupe coopératif dispose de son unique atelier de production de FOS (18 collaborateurs y travaillent), à partir du sucre cristallisé et à l’issue de plusieurs étapes de transformation, dont l’ajout d’un enzyme non-OGM fourni par Meiji. Le produit ainsi obtenu, les FOS à chaînes courtes, est commercialisé sous différentes marques en fonction du marché visé : Actilight pour l’alimentation humaine et Profeed pour l’alimentation animale.

« Les FOS à chaînes courtes permettent de moduler positivement le microbiote intestinal, de renforcer les défenses immunitaires et d’améliorer le contrôle glycémique », souligne Cindy Le Bourgot, docteur en sciences de la nutrition chez Tereos. Les FOS produites par Tereos contiennent une haute teneur en fibres (95%), et en fonction du taux d’incorporation, les aliments peuvent accéder aux allégations de santé telles que « source de fibres » ou « riche en fibre ». Autre intérêt : l’indique glycémique proche de zéro et un goût sucré équivalent à 30% du pouvoir sucrant du sucre. Les FOS trouvent ainsi leur utilité dans le cadre de reformulations de recettes afin d’améliorer le profil nutritionnel et donc la note Nutri-Score. Outre l’industrie agroalimentaire, la nutrition clinique et les compléments alimentaires sont aussi utilisateurs des FOS. Les fabricants d’aliment pour animaux domestiques ou d’élevage intègrent également des FOS dans leurs produits.

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Sur le marché des fibres solubles (100 000 tonnes par an dans l’Union européenne), les FOS représentaient 9% de parts de marché en 2021, contre 6% en 2018. Ce développement soutenu est porté par la demande des clients finaux et des politiques publiques incitant à l’amélioration du profil nutritionnel des produits. Quant à lui, Beghin-Meiji occupe une place de leader avec 45% de parts de marché des FOS en Europe.

Les prébiotiques intéressent la cosmétique

Porté par un marché bien orienté, Tereos veut désormais aller plus loin et explorer un nouveau débouché. Au premier trimestre 2023, après de deux ans de recherche et développement, la société lancera un nouveau produit nommé FOS Beauty, destiné aux fabricants de cosmétiques de la zone EMEA (zone de commercialisation réservée de Beghin-Meiji). « Notre produit présente des bénéfices comme la restauration de l’équilibre du microbiote de la peau, et a un impact sur le confort de la peau », indique Perrine Sy, responsable du marché santé et nutrition de Tereos, qui s’appuie sur une étude in vitro ayant démontré des effets prébiotiques. Le marché est favorable aux cosmétiques contenant des prébiotiques dont le nombre de lancements dans le monde a cru de 86% entre 2016 et 2021. Et l’Europe semble la zone la plus prometteuse avec près de six lancements sur dix de cosmétiques contenant des prébiotiques (2016 à 2021).