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Post-Brexit : l’industrie de la confiserie plaide pour la prolongation de la période transitoire

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Préoccupée par l'atonie des négociations pour un futur partenariat UE/UK et par l’impact de la crise sanitaire du Covid 19, l’industrie de la confiserie de l’UE appelle à un prolongement de l’accord de transition actuel qui s’achève à la fin de cette année.

Vu l’impact social et économique de la crise du Covid-19, et de l’impasse actuelle des négociations UE/UK en vue d’un futur accord commercial, les représentants de l’industrie de la confiserie de l’UE estiment que les deux parties devraient prolonger – « aussi longtemps qu’il sera nécessaire » – la période transitoire actuelle qui s’achève le 31 décembre 2020. Elle peut être prolongée une fois pour une durée maximale d'un à deux ans. Une telle décision de prolongation devra être prise conjointement par l'UE et le Royaume-Uni avant le 1er juillet. Jusqu’à présent, le gouvernement de Boris Johnson a toujours indiqué qu’il n’est pas dans ses intentions de procéder à une telle prolongation. Mais aux yeux des représentants de l’industrie de la confiserie européenne (chocolats, biscuits, boulangerie fine…) ce n’est qu’à ce prix qu’un accord commercial « réfléchi et équilibré » entre l’UE et le Royaume-Uni pourrait avoir le plus de chance d’être trouvé. Pour eux, « un Brexit sans accord ou un mauvais accord à partir de 2021 serait extrêmement préjudiciable à notre industrie et à l'ensemble de la chaîne d'approvisionnement alimentaire, avec une diminution significative des exportations et des recettes de l'UE, associée à des pertes d'emplois plus importantes ». L’industrie de la confiserie appelle les négociateurs de l'UE à maintenir le libre-échange entre le Royaume-Uni et l'UE à 27 à l'avenir, en préservant le commerce de toute barrière tarifaire et non tarifaire. Le futur accord de libre-échange, dit-elle, « doit maintenir la croissance à long terme de notre secteur, les investissements, la stabilité et les mêmes normes d'hygiène, de sécurité et de qualité afin de garantir la compétitivité continue de notre secteur dans l'UE à 27 et au Royaume-Uni ». L'accord de libre-échange entre l'UE à 27 et le Royaume-Uni devrait également garantir un commerce en franchise de droits et de quotas pour les produits de confiserie et leurs ingrédients agricoles (sucre, produits laitiers, céréales, cacao, fruits secs et noix), afin de continuer à fonctionner en Europe. Soulignant que le statut de pays tiers du Royaume-Uni, qui ne fait plus partie du code des douanes de l'UE, entraînera une augmentation de la bureaucratie dans les procédures douanières, les industriels de la confiserie insistent sur le fait que le futur accord UE/UK devrait inclure un cadre de coopération permanente pour faciliter les procédures et réduire au minimum les contrôles aux frontières. Des procédures douanières simplifiées doivent être élaborées pour toutes les entreprises afin de protéger les flux commerciaux et les chaînes d'approvisionnement intégrées. La reconnaissance mutuelle des organismes de certification pour les produits destinés à l'exportation vers l'UE ou le Royaume-Uni doit être poursuivie afin de garantir que les flux commerciaux ne soient pas affectés. L'alignement continu d'un certain nombre de réglementations britanniques devrait créer les conditions qui permettront la négociation et la conclusion d'accords de reconnaissance mutuelle, en particulier sur les questions relatives à la sécurité alimentaire. Pour les industriels de la confiserie, le maintien d'une relation étroite entre l'Agence britannique des normes alimentaires (FSA) et l'EFSA (Autorité européenne de sécurité alimentaire) « est de la plus haute importance pour garantir la poursuite de l'évaluation conjointe des risques avec une base de données commune afin de gérer les divergences de normes et d'éviter les entraves aux échanges ». Le futur accord UE/UK devrait aussi maintenir la protection réciproque actuelle des indications géographiques de l'UE et du Royaume-Uni.

Les produits de la confiserie (chocolat, biscuits, boulangerie fine) sont les principaux produits alimentaires et boissons échangés par l’UE avec le Royaume-Uni. Le commerce total représente plus de 6 milliards d'euros par an, selon Eurostat. En 2019, plus de 1,5 million de tonnes métriques de produits de confiserie ont été exportées vers le Royaume-Uni, représentant une valeur d'environ 5 milliards d'euros. Les importations du Royaume-Uni vers l'UE à 27 représentaient environ 500 000 tonnes, d’une valeur d’environ 1,6 milliard d'euros.

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